
À Moissac, une soixantaine d’enfants ont plongé dans l’univers du Stade Toulousain le temps de trois jours. Encadrés par Émile Ntamack, ils ont appris à jouer, à partager et à rêver.
« Allez faire un bisou à papa et maman… après, c’est fini. » Personne ne bouge. Les parents sourient, amusés, en voyant leurs enfants déjà happés. Lundi matin, au stade Jo Carabignac, le stage de l’Académie du Stade Toulousain n’a pas encore commencé que les enfants ont déjà les yeux rivés sur le terrain.
Émile Ntamack lance le stage de l’Académie du Stade Toulousain
Ils sont près de 60, arrivés parfois timides, parfois excités, accompagnés de leurs parents. Les inscriptions se terminent à peine que les chasubles rouges s’enfilent, et que tous les yeux sont déjà tournés vers un homme : Émile Ntamack. « Un stage, c’est apprendre à se découvrir… mais surtout, on va passer trois jours avec de la bonne humeur. » Puis il enchaîne, presque comme un jeu : « Vous apportez quoi ? » Et là, les réponses fusent. « De l’envie ! », « De la bonne humeur ! » Il sourit, valide. « Du sourire et de l’énergie, sur le terrain comme en dehors. C’est ça qu’on veut. »



Apprendre à jouer ensemble
Autour de lui, le groupe s’est resserrée sans même qu’on s’en rende compte. Très vite, la mécanique se met en place. La musique lance les premiers jeux, les groupes se forment, se défont, se reforment. On court, on se cherche, on se regroupe par couleurs de chaussettes, de shorts, on rit parfois et on hésite encore un peu. Puis les corps se délient, les regards changent, les plus réservés commencent à parler. En quelques minutes, les maillots différents des week-ends disparaissent : ici, les adversaires deviennent partenaires.















Du rythme, du mouvement, du ballon vivant
Sur le terrain, les ateliers s’enchaînent et le rythme monte progressivement. Déplacements, passes, évitement, vitesse : tout est pensé pour que le ballon vive, circule, ne s’arrête jamais. « Beaucoup de mouvement, beaucoup de continuité », glisse Émile Ntamack, fidèle à la philosophie du Stade Toulousain. Mais au milieu des corrections techniques, une idée revient sans cesse, presque comme un fil rouge : « Le rugby, avant tout, c’est un jeu. »
Entre deux séquences, le discours reste simple. Sur le terrain, les consignes vont à l’essentiel. Émile Ntamack insiste sur un point : ce que les jeunes voient à la télévision n’a rien d’inaccessible. Les joueurs qu’ils admirent aujourd’hui sont passés par les mêmes étapes. Progresser, essayer, répéter… et surtout prendre du plaisir.
Les jours passent vite. Trop vite. Mercredi, le mini-tournoi vient conclure ces trois journées. Quand le coup de sifflet final retentit, un léger flottement s’installe, comme si personne n’avait vraiment envie que ça s’arrête.
Un jeune joueur récompensé par l’Académie
Puis le groupe se rassemble une dernière fois. Les éducateurs prennent la parole, les enfants se rapprochent, attentifs. Un prénom est appelé : Thomas. La récompense tombe dans la foulée : une semaine de stage à Ernest Wallon. « Je ne pensais pas être pris… je suis vraiment content et fier. Maintenant, j’ai vraiment hâte d’y aller, » confie le jeune garçon. Les encadrants le reconnaissent, le choix n’a pas été facile. Tous ont porté les valeurs du stage, avec engagement et esprit collectif.
Autour du terrain, les parents attendent. Les enfants reviennent vers eux. Ils parlent vite, racontent tout, rejouent les actions avec les mains. Et surtout, ils sourient.
Pendant trois jours, ils ont appris à jouer ensemble, à oser, à tenter. Sur leurs visages, il reste cette lumière particulière. Celle de ceux qui ont vécu un moment à part. Trois jours qui, pour beaucoup, ressemblaient déjà à un petit bout de rêve.
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