
Lundi matin, quelques heures seulement après avoir quitté ses fonctions de directeur général de l’administration pénitentiaire, Sébastien Cauwel prenait officiellement ses fonctions de préfet de Tarn-et-Garonne succédant à Vincent Roberti. Une transition express pour celui qui dirigeait encore, la veille à minuit, l’une des administrations les plus sensibles de l’État. Homme de terrain revendiqué, attaché aux questions de sécurité, mais aussi au dialogue avec les acteurs locaux, il a livré lors de sa première conférence de presse les premiers éléments de sa méthode et de sa vision du territoire.
Face à la presse, le nouveau représentant de l’État n’a pourtant pas cherché à donner l’image d’un homme arrivant avec des certitudes ou des réponses toutes faites. Au contraire. « Je vais prendre le temps d’aller à la rencontre des différents acteurs », explique-t-il, conscient de découvrir un territoire qu’il connaît encore peu.
Dès le lendemain de sa prise de fonctions, son agenda l’emmène déjà à la rencontre du monde agricole. Une manière de mettre immédiatement en pratique la méthode qu’il revendique : aller sur le terrain avant de se forger une opinion. « C’est dans ces moments-là qu’on peut échanger », insiste-t-il.
Premiers pas en Tarn-et-Garonne
Loin de se limiter aux dossiers administratifs, Sébastien Cauwel semble vouloir comprendre le Tarn-et-Garonne dans toutes ses dimensions. La veille au soir, il a pris le temps de parcourir les rues de Montauban. « Montauban est une très belle ville, avec une histoire. J’ai marché dans la ville hier soir et j’ai été ravi de sa beauté », confie-t-il. Une découverte qui ne l’empêche pas de mesurer rapidement certaines particularités locales. « J’ai pris le poids de la politique sur le territoire », relève-t-il, après seulement quelques heures passées dans le département.
Le nouveau préfet n’a pas caché non plus son intérêt pour le sport. Ancien joueur de basket-ball, il suit avec attention l’actualité sportive et compte bien découvrir les rendez-vous qui rythment la vie locale. « Si le temps me le permet, vous me verrez souvent à Sapiac », glisse-t-il
De l’administration pénitentiaire à la préfecture
Avant de rejoindre le corps préfectoral, Sébastien Cauwel a dirigé plusieurs établissements pénitentiaires. Il a ensuite occupé différentes fonctions en préfecture, en métropole comme outre-mer, avant de revenir au monde pénitentiaire. Directeur de l’École nationale d’administration pénitentiaire à Agen, puis directeur de l’administration pénitentiaire, il était encore récemment directeur général de cette administration où il a notamment été confronté au drame d’Incarville, au cours duquel deux agents pénitentiaires avaient été tués.
Un parcours qui l’a placé au contact direct des conséquences de la délinquance, de la violence, mais aussi des fractures sociales qui traversent la société française.





Sécurité et lutte contre les trafics : une priorité affichée
Sans surprise, la sécurité figure parmi les premières priorités du nouveau préfet. Lorsqu’il évoque les trafics de stupéfiants, Sébastien Cauwel se montre particulièrement vigilant. « Il n’y a pas de territoire qui soit épargné », affirme-t-il. « Les phénomènes liés aux stupéfiants doivent être pris très au sérieux, très en amont, au risque d’être totalement submergés. »
Une réflexion qui résume sans doute l’une des lignes directrices de son action : maîtriser, répondre et anticiper avant que les difficultés ne deviennent incontrôlables. Mais sa vision dépasse largement la seule question de la délinquance. « On ne peut pas vivre en paix, on ne peut pas élever une famille, on ne peut pas travailler sur un territoire de façon constructive et apaisée si les enjeux de sécurité ne sont pas posés », estime-t-il.
La sécurité routière fait également partie de ses préoccupations dans l’un des départements les plus accidentogènes de France. « Il y a toujours trop de morts sur la route », rappelle-t-il. « On parle des morts, mais on ne parle pas assez de ceux qui restent. » Derrière les statistiques, le préfet évoque ainsi les blessés graves, les familles et les vies durablement bouleversées.
« Je ne serai pas un préfet technocratique »
Malgré ce parcours fortement marqué par les questions de sécurité, Sébastien Cauwel refuse l’image d’un préfet enfermé dans son bureau. « Je ne souhaite absolument pas être un préfet que je qualifierais de tatillon, de zélé ou de technocratique », affirme-t-il.
Face aux élus, aux entreprises, aux associations ou aux agriculteurs, il entend privilégier l’accompagnement plutôt que la contrainte. « Je mettrai toute mon énergie pour aider ceux qui font vivre notre territoire », assure le nouveau préfet. Le monde associatif occupe d’ailleurs une place particulière dans sa vision du département. « Le monde associatif cimente et construit notre quotidien », souligne-t-il.
Agriculture, eau, santé : les premiers dossiers du mandat
Parmi les premiers dossiers identifiés figurent naturellement l’agriculture et la question de l’eau. Le nouveau préfet sait que ces sujets occupent une place centrale dans le Tarn-et-Garonne. « Mon rôle sera de mettre en œuvre les normes de la façon la plus intelligente possible », explique-t-il à propos du monde agricole.
Une approche pragmatique qu’il dit vouloir appliquer à l’ensemble des grands dossiers qui l’attendent. LGV, candidature de Golfech pour deux EPR2, attractivité économique, santé ou encore développement des territoires ruraux : les sujets ne manqueront pas. Mais avant de prendre position, Sébastien Cauwel entend poursuivre ce qu’il considère comme la première étape de son mandat : écouter. « J’arrive avec énormément d’envie, d’énergie, mais avec humilité. » Une phrase qui résume peut-être le mieux les premiers pas du nouveau préfet en Tarn-et-Garonne.
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