
Courir 6,7 kilomètres toutes les heures, jour et nuit, jusqu’à l’épuisement. C’est le défi relevé les 21 et 22 mai sur les pistes de Caylus lors de la deuxième édition de l’Infinity Trail organisée par le 11e régiment parachutiste d’instruction et d’entraînement (11e RPIE). Sur les 58 participants au départ, seuls quatre sont parvenus à boucler les 24 heures de course, au profit des blessés de l’Armée de Terre.
Durant deux jours, les concurrents ont enchaîné inlassablement une boucle de 6,7 kilomètres. Une fois le parcours terminé, ils disposaient du temps restant avant le départ suivant, donné systématiquement au début de chaque heure. Une mécanique simple en apparence, mais redoutable dans les faits.
Un défi où seul le dernier reste debout
Inspirée du concept des courses d’ultra-endurance par élimination, l’Infinity Trail ne récompense pas le coureur le plus rapide mais celui qui parvient à durer le plus longtemps. À chaque heure, les participants doivent reprendre le départ pour un nouveau tour. Ceux qui abandonnent ou ne terminent pas dans le temps imparti sont éliminés. Au fil des heures, la fatigue s’accumule, les temps de récupération diminuent et le mental devient aussi important que les capacités physiques.
Cette année, 58 concurrents se sont élancés sur les pistes de Caylus. Douze heures plus tard, ils n’étaient plus que 25 à poursuivre l’aventure, après avoir déjà parcouru entre 80 et 160 kilomètres selon leur progression.
Quatre athlètes au bout de 24 heures d’effort
La sélection s’est poursuivie tout au long de la nuit. Finalement, seuls quatre participants ont réussi à aller au terme de l’épreuve, en courant pendant vingt-quatre heures consécutives. À l’arrivée, chacun totalisait 160 kilomètres parcourus et près de 2 500 mètres de dénivelé positif.
Au-delà de la performance sportive, l’Infinity Trail constitue également un exercice de résistance mentale où la gestion de la fatigue, du sommeil et de l’effort joue un rôle déterminant. Mais pour les organisateurs, l’objectif ne se limite pas à repousser les limites physiques des participants. Derrière les kilomètres parcourus et les heures d’effort, l’épreuve cherche aussi à rappeler une autre réalité : celle des militaires blessés qui doivent parfois consacrer des mois, voire des années, à leur reconstruction physique ou psychologique.










Une course organisée pour soutenir les blessés
L’événement poursuivait également un objectif solidaire. L’ensemble des fonds récoltés sera reversé à l’association Terre Fraternité ainsi qu’à la Cellule d’aide aux blessés de l’Armée de Terre (CABAT), qui accompagnent les militaires blessés et leurs familles dans leur parcours de reconstruction. La directrice départementale de l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG), Aline Simon, était présente au départ de la course afin de marquer son soutien à cette initiative.
Les organisateurs envisagent déjà la suite. Si aucune décision définitive n’a encore été annoncée, une ouverture plus large de l’épreuve est à l’étude pour les prochaines éditions. De quoi susciter l’intérêt des amateurs d’ultra-endurance et de défis hors norme, attirés par ce format aussi exigeant qu’atypique.
« Une métaphore du parcours du blessé »
Pour les organisateurs, l’Infinity Trail dépasse largement le cadre de la compétition sportive. « L’ultra-endurance est une métaphore du parcours du blessé : une souffrance éphémère pour celui qui court en guise de soutien, face à la souffrance permanente de celui qui traverse l’épreuve de la reconstruction physique et psychique », explique l’adjudant-chef Franck, organisateur de l’épreuve.
À travers cette course, le 11e RPIE a souhaité rappeler que la reconstruction d’un militaire blessé est souvent un chemin long et exigeant, nécessitant l’accompagnement de toute une communauté. Une démarche résumée par la devise choisie pour cette édition : « You’ll Never Walk Alone ».
Car derrière les 160 kilomètres parcourus et les vingt-quatre heures d’effort, l’Infinity Trail ne récompense pas seulement la résistance physique. Il rappelle aussi que certains combats se poursuivent bien après la ligne d’arrivée.
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