Les retraités de la police toujours plus nombreux et engagés

assemblee generale udrp82 montauban retraites police tarn et garonne
Les retraités de la police réunis à Montauban pour l’assemblée générale de l’UDRP 82, une association en pleine croissance. JDJ
natura-baies.com

À Montauban, l’UDRP 82 a réuni près d’une centaine de personnes pour son assemblée générale. Une association en forte progression, portée par ses activités, son engagement humain et un regard sans détours sur la place de la police dans la société.

Dans la salle, les poignées de main se multiplient, les visages se reconnaissent. À Montauban, l’assemblée générale de l’UDRP 82 a réuni près d’une centaine de personnes, entourées d’élus, de représentants de l’État et des forces de sécurité. Un rendez-vous où se mêlent bilan, mémoire et fidélité à une certaine idée du service.

Une association qui continue de grandir

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en trois ans, l’association est passée de 90 à 198 adhérents. En 2025, elle a encore enregistré quatorze nouvelles adhésions, auxquelles s’ajoute une dizaine de sympathisants.

Le président Michel Laurens ne cache pas sa satisfaction. « Nous sommes toujours là », glisse-t-il d’entrée, rappelant que l’association « approche les 200 membres » alors qu’elle n’en comptait qu’environ 80 à son arrivée. Une progression qui s’appuie aussi sur une ouverture au-delà du département, avec l’arrivée de membres du Lot-et-Garonne.

Le sénateur Pierre-Antoine Lévi y voit un signal fort : si l’association « grappille chaque année des adhérents », c’est bien que « son action est reconnue » et qu’elle conserve  « un rôle très important dans le département ».

Une année 2025 particulièrement dense

Cette dynamique repose sur une activité soutenue. Dès janvier, la galette des rois a réuni une centaine de participants. Au printemps, 53 adhérents ont pris part à une croisière sur le Lot, tandis que les repas intergénérationnels réunissaient régulièrement une cinquantaine de personnes.

Les voyages au Pas de la Case ont affiché complet à plusieurs reprises, complétés par des concours de pétanque, des formations aux gestes de premiers secours, et une présence régulière lors des cérémonies patriotiques ou des rendez-vous associatifs.

Une présence sur le terrain saluée par les autorités, à l’image du sénateur qui souligne « une association toujours engagée aux côtés des cérémonies et de la vie locale ».

Maintenir le lien jusqu’aux moments les plus difficiles

Mais le bilan ne se limite pas à l’inventaire des sorties et des rencontres. La fin de l’année 2025 et le début de 2026 ont été marqués par la disparition de huit adhérents. Un moment que Michel Laurens évoque avec gravité, évoquant « l’absence, et le vide laissé par ceux avec qui nous ne partagerons plus ces moments de fraternité ».

Visites aux malades, soutien moral, présence auprès des familles endeuillées : ici, le lien ne se rompt pas. Les veuves sont également intégrées à la vie de l’association, dans une volonté de prolonger cette solidarité. Le président l’a résumé ainsi : l’association apporte « du soleil, du bien-être, de la bienveillance, de l’amitié et de la solidarité ».

La députée Marine Hamelet a insisté sur cette dimension, rappelant que ces structures permettent de « maintenir le lien », mais aussi « d’apporter un soutien moral et humain ».

« L’expérience des anciens policiers constitue une véritable richesse »

Au-delà de la convivialité, l’association s’inscrit aussi dans une continuité avec les institutions. La sous-préfète Ambre Bernard a salué « une structure essentielle, reconnue et respectée dans le département », mettant en avant un rôle clé dans la transmission. « L’expérience des anciens policiers constitue une véritable richesse », capable « d’éclairer, guider et rappeler les fondamentaux d’un engagement au service de la République ».

Un regard sans détours sur la société et la police

Dans son rapport moral, Michel Laurens a également livré une analyse plus large du contexte actuel. Instabilité politique, tensions sociales, perte de repères : le ton se fait direct. « Nous avions le sentiment d’avoir touché le fond… et pourtant, nous continuons à creuser », a-t-il lancé.

Au cœur de son propos, une inquiétude persistante sur la place de la police. Il évoque un manque de reconnaissance et des conditions d’exercice de plus en plus complexes, estimant que certains agents se retrouvent « dans une indécision permanente, parfois au péril de leur vie ».

Face à ce constat, la députée Marine Hamelet a choisi de rappeler la portée du métier : « Être policier, ce n’est pas seulement exercer un métier, c’est porter une vocation. » Le sénateur Pierre-Antoine Lévi a prolongé cette idée avec une formule qui a fait écho dans la salle : « Quand on a été policier, on est policier toute sa vie. »

« Nous sommes une même famille »

Au moment de conclure, le président a rappelé ce qui rassemble encore aujourd’hui ces anciens collègues : « C’est une vie complète qu’on a donnée à l’État. » Une idée reprise en écho par Yann Sourisseau directeur départemental de la police nationale : « Nous sommes une même famille. »

Quelques minutes plus tard, le silence remplace les échanges. Les participants se dirigent vers la cérémonie en mémoire des disparus pour un dépôt de gerbe, avant de prolonger les retrouvailles autour du verre de l’amitié.

La suite est déjà dans toutes les têtes. Activités, déplacements, moments partagés : l’association continuera d’avancer, avec la volonté d’attirer de nouveaux membres, notamment parmi les jeunes retraités. « Je ne lâcherai rien », assure Michel Laurens.

Pour ne rien manquer de nos prochaines publications, n’hésitez pas à vous abonner à notre page Facebook.

Article précédentL’Entente Terre des Confluences championne du Terroir en juniors face à Garonna XV
Emilie BOTTIN
Rédactrice passionnée bénéficiant d’une expérience en tant que correspondante de presse pour un journal régional bi-hebdomadaire, j'ai développé un amour profond pour la narration locale. Ma mission est de diffuser une information juste, factuelle et sans distorsion. Je crois au pouvoir de la vérité pour renforcer les liens communautaires et inspirer la compréhension. J'aime rencontrer des gens et partager leurs histoires uniques. Chaque individu a une voix précieuse, et je m'efforce de la faire entendre à travers mes articles. Rejoindre le Journal du Jour me permet de continuer à servir ma communauté en offrant un accès gratuit à une information locale de qualité. J'ai hâte de contribuer à un média qui valorise l'engagement et la transparence.