
Le lycée polyvalent Jean Baylet de Valence d’Agen et le 31ᵉ régiment du génie de Castelsarrasin ont signé un partenariat inédit pour rapprocher formation et terrain, avec des stages progressifs proposés aux élèves dès la seconde.
Dans la salle d’honneur du régiment du 31ᵉ régiment du génie, à Castelsarrasin, le jeudi 2 avril, ce n’est pas qu’une convention qui a été signée. C’est un pont qui a été construit. Un lien direct entre le lycée et le monde militaire, avec une ambition claire : former localement… et ouvrir de nouvelles perspectives.
Former aujourd’hui, recruter demain
Autour de la table, le proviseur Jean-Luc Cabanes et le colonel Basile Caire affichent une même conviction : rapprocher l’école et le terrain. « Ce partenariat nous fait entrer dans une autre dimension », glisse le chef de corps.
L’idée est claire : construire un parcours, pas une simple découverte. Aller chercher les élèves tôt, les accompagner, les faire évoluer. « On veut prendre les jeunes à la source. On sait que quand on se rencontre, ça fonctionne. » Une logique progressive, qui doit permettre aux lycéens de comprendre, tester… puis choisir.
Du lycée aux ateliers du régiment
Au lycée Jean Baylet, les formations techniques attirent déjà un public nombreux. Électricité, mécanique, électromécanique, transport… autant de filières directement en lien avec les besoins du régiment.
Dès la seconde, les élèves pourront franchir les portes du 31ᵉ RG pour une première immersion. Puis revenir, approfondir, s’installer progressivement dans un environnement professionnel exigeant.
Au fil des années, l’expérience se construit. Les stages s’allongent, les responsabilités évoluent, jusqu’à une véritable immersion en terminale, au plus près des unités.
Une attente forte chez les élèves
Du côté du lycée, cette ouverture répond à une réalité bien identifiée. « On a une vraie demande », insiste Jean-Luc Cabanes. Beaucoup de jeunes cherchent une voie, un cadre, une perspective. Et ne mesurent pas toujours les possibilités offertes par l’armée. « Ils ne savent pas qu’on peut aussi y entrer après un bac +5. » Mais au-delà de l’orientation, c’est parfois un déclic. « Certains élèves ont rencontré l’armée… et cela les a sauvés. » Le mot est fort, mais assumé.
Des métiers au cœur des besoins
Dans le civil, électricité et mécanique sont souvent dissociées. Dans le génie, elles se croisent au quotidien. Les électromécaniciens y occupent une place centrale, notamment dans les unités de production d’énergie. « Ici, ils vont être rapidement confrontés à la réalité du terrain », insiste le colonel. Un point essentiel pour des jeunes en quête de sens et de pratique.
Un partenariat construit dans la durée
Ce rapprochement ne s’est pas fait du jour au lendemain. « C’est un travail qui a été long à mettre en place », rappelle le colonel à l’origine de l’initiative. Les enseignants seront associés, invités à venir sur place, à comprendre les métiers, les contraintes, les attentes. L’objectif est simple : proposer aux élèves une expérience cohérente avec leur programme, utile, encadrée.
Premières immersions dès septembre
Les premières immersions pourraient débuter dès septembre. Avec, en ligne de mire, une ambition partagée : offrir des débouchés à des jeunes formés localement, tout en répondant aux besoins du régiment. « Ce sont des métiers qui font parfois moins rêver… mais ils sont porteurs », conclut le proviseur.
Dans ce partenariat, chacun y trouve sa place. Mais pour les élèves, l’enjeu est ailleurs : trouver leur voie.






























