
Dimanche 10 mai, dans le cadre du Printemps des cimetières, les Montalbanais ont sillonné la ville pour découvrir monuments aux morts, sculptures de Bourdelle et l’histoire méconnue de Léon Bourjade, as de la Grande Guerre et prêtre-pilote. Un circuit émouvant mêlant art, histoire et patrimoine local.
Ce dimanche matin, dans le cadre de la 10ᵉ édition du Printemps des cimetières, les Montalbanais ont vécu une véritable traversée immersive et mémorielle, portée par l’impulsion du lieutenant-colonel Christophe MASSE, de la délégation militaire départementale de Tarn-et-Garonne, accompagné par la directrice de l’Office national des combattants et victimes de guerre de Tarn-et-Garonne, Madame Aline SIMON.
Printemps des cimetières 2026 : un circuit mémoriel à Montauban
Le Printemps des cimetières, événement national dédié au patrimoine funéraire et à la découverte des cimetières, a ainsi trouvé à Montauban une résonance particulièrement intense.
Cette exploration faisait suite, pour la deuxième année consécutive, à la découverte du carré militaire, samedi 9 mai, brillamment menée par Monsieur Jim PONTY, chef de secteur d’entretien et de rénovation des sépultures, sous l’égide de l’ONaCVG et de l’équipe du Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine de Montauban qui avait par ailleurs organisé une visite guidée du cimetière urbain de Montauban.
Antoine Bourdelle et ses sculptures épiques à Ingres-Bourdelle
Ce rendez-vous dominical a pris des allures de véritable circuit mémoriel, révélant la puissance symbolique et la beauté de ces lieux de recueillement : d’un côté, le monument situé dans la proximité du Musée Ingres-Bourdelle et du Pont Vieux, dédié à la mémoire des combattants de Tarn-et-Garonne de la guerre de 1870 ; de l’autre, celui du cours Foucault, gardien des noms et des sacrifices des combattants de 1914-1918, de 1939-1945, d’Indochine et d’Algérie et des engagements contemporains. Sculptures, inscriptions et implantation urbaine composent un récit mémoriel où la cité elle-même se fait mémoire vivante, tissant un lien indissoluble entre histoire et urbanisme.
À noter que dans l’œuvre de Bourdelle, le souffle épique, le lyrisme et la puissance héroïque s’imposent avec une intensité rare, jusque dans l’évocation tragique des combats de 1870. Ses sculptures semblent habitées d’une énergie dramatique, donnant à la mémoire une dimension monumentale et vibrante.
Léon Bourjade, as montalbanais de la Grande Guerre et prêtre pilote
La déambulation fut également marquée par la redécouverte d’un destin hors norme, celui du Lieutenant Léon Bourjade, natif de Montauban, As de la Première Guerre mondiale, mort en mission en Nouvelle-Guinée en 1924. Figure de prêtre-pilote et héros de la Grande Guerre, il demeure l’un des plus jeunes officiers décorés de la Légion d’honneur. Son parcours romanesque continue de fasciner et d’illustrer l’engagement de ces Montalbanais projetés dans la tourmente de l’histoire.
La petite stèle du square éponyme à Montauban est un monument commémoratif dédié à Léon Bourjade, qui fut à la fois religieux et pilote de chasse pendant la Grande Guerre. Érigée en sa mémoire après 1918, elle a été détruite en 1943 par les troupes d’occupation allemandes durant la Seconde Guerre mondiale, puis inaugurée à nouveau après la Libération, le 11 novembre 1948. Elle rappelle ainsi à la fois son parcours militaire héroïque et son engagement spirituel absolu, devenu symbolique pour la ville.
Un public curieux autour de la mémoire montalbanaise
Le public, chaleureux et interactif durant ces deux journées, s’est révélé d’une rare vivacité, multipliant les questions et les échanges, comme emporté lui aussi dans cette traversée du temps. Ces interactions constantes ont nourri une dynamique collective, donnant à ces visites de découvertes une belle intensité, où la mémoire se transmet autant qu’elle se vit.
Une mise en valeur du patrimoine Montalbanais
Ainsi magnifiée en cette journée du 2ᵉ dimanche de mai, jour de la solennité de Jeanne d’Arc et fête du patriotisme, cette mise en valeur du patrimoine montalbanais, s’impose comme un modeste, mais bien réel acte de transmission de la mémoire et de l’histoire des monuments aux morts et des stèles bien au-delà d’une approche strictement artistique. Et pourtant, l’art affleure partout : dans la signature de Bourdelle, dans la force des volumes sculptés, dans l’architecture des lieux et dans l’émotion qui saisit le visiteur sur les bords du Tarn, en cette cité d’Ingres, où mémoire, beauté et histoire s’entrelacent avec une intensité épique.
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