Castelsarrasin. Cérémonie du 8 mai, défilé militaire et transformation du 31ᵉ régiment du génie

castelsarrasin-8-mai-31e-regiment-genie
À Castelsarrasin, les commémorations du 8 Mai ont mêlé devoir de mémoire, défilé militaire avec le 31e régiment du génie. Nouvelles compagnies et lien avec la population étaient au cœur de cette journée. JDJ
natura-baies.com

Sous les drapeaux et les chants militaires du 8 Mai, Castelsarrasin a aussi parlé d’avenir. Entre cérémonie de mémoire, défilé du 31e régiment du génie et recréation de deux compagnies, la ville a vécu une journée où transmission, recrutement militaire et lien avec la population se sont mêlés au cœur des commémorations.

Le chant des tabors résonnait encore dans les allées de Verdun quand les premiers enfants se sont approchés des véhicules blindés du 31e régiment du génie. Quelques minutes plus tôt, devant le monument aux morts, Castelsarrasin retenait son souffle dans le silence des cérémonies officielles. Deux ambiances, deux générations, mais une même idée traversait cette journée du 8 mai : transmettre.

Car cette année, à Castelsarrasin, la commémoration de la victoire de 1945 ne s’est pas limitée aux discours et aux dépôts de gerbes. Derrière les drapeaux, les uniformes impeccables et les chants militaires, le 31ᵉ régiment du génie a aussi parlé d’avenir. Recrutement, formation, montée en puissance des effectifs, place de la réserve : le régiment installé dans la ville prépare déjà les défis des années à venir.

Devant le monument aux morts, une cérémonie tournée vers la transmission

Dès 10 heures, élus, autorités civiles et militaires, associations d’anciens combattants, Médaillés Militaires et anciens prisonniers de guerre se sont réunis autour du monument aux morts pour la cérémonie commémorative. Une cérémonie sobre, empreinte de gravité, dans cette atmosphère particulière propre aux villes où le souvenir garde encore une place visible dans la vie collective.

Autour du monument, les élèves de la classe défense du collège Flamens ont déposé des fleurs. Le Conseil Municipal des Jeunes a porté la flamme de la Résistance et du Soldat inconnu. Derrière eux, les musiciens de l’école de musique accompagnaient les temps de recueillement. La scène avait quelque chose de simple. Et pourtant, c’est probablement là que se jouait l’essentiel.

Parce qu’au fil des années, les témoins directs de la Seconde Guerre mondiale disparaissent. Les cérémonies pourraient devenir mécaniques, vidées de leur substance. Mais jeudi matin, il y avait encore des enfants qui demandaient pourquoi les drapeaux s’inclinaient, des adolescents attentifs aux prises de parole, et des anciens combattants observant cette jeunesse prendre le relais.

Le 31ᵉ régiment du génie au cœur des commémorations

Le 31ᵉ régiment du génie, implanté à Castelsarrasin depuis plusieurs décennies, s’était pleinement associé à cette journée dans le cadre de l’opération « Un régiment dans sa ville ». Une initiative destinée à rapprocher l’armée de la population locale, mais aussi à rappeler qu’ici, les militaires font partie du paysage quotidien.

À Castelsarrasin, les soldats ne sont pas une silhouette lointaine aperçue une fois par an lors du 14 juillet. Ils vivent dans la ville, fréquentent les commerces, les associations, les écoles. Et ce lien avec la population, le colonel Basile Caire, chef de corps du 31ᵉ régiment du génie, l’a revendiqué clairement dans son discours.

En reprenant les mots du général de Lattre de Tassigny prononcés le 8 mai 1945, le chef de corps a rendu hommage aux anciens du régiment ayant participé à la libération de la France. Débarquement de Provence, remontée de la vallée du Rhône, campagne d’Alsace, progression jusqu’au cœur de l’Allemagne nazie : les sapeurs du 31ᵉ régiment du génie ont inscrit leur histoire dans celle de la Libération.

Mais rapidement, le discours a quitté le seul terrain de la mémoire pour parler du présent. Car derrière les cérémonies militaires se cache aujourd’hui une autre réalité : celle d’une armée qui cherche à se transformer. « Le régiment a besoin de soldats en quantité et en qualité », a lancé le colonel Basile Caire devant les troupes rassemblées sur la place Flamens.

Une phrase simple, presque brute, mais qui résume les enjeux auxquels fait face l’armée de Terre. Le 31ᵉ régiment du génie doit augmenter ses effectifs d’une centaine de soldats entre 2024 et 2030. Encore faut-il réussir à recruter, former puis fidéliser ces jeunes militaires dans une époque où l’engagement n’a plus rien d’évident.

La 11ᵉ compagnie d’instruction recréée vingt-cinq ans après sa dissolution

C’est dans ce contexte qu’a été recréée la 11ᵉ compagnie d’instruction. Dissoute il y a vingt-cinq ans, cette unité renaît aujourd’hui avec une mission claire : former les nouvelles recrues et les accompagner dans leurs premières années sous l’uniforme. « L’éducation est une œuvre de patience », a insisté le chef de corps, rappelant que l’armée doit désormais autant former des combattants que construire des parcours capables de durer dans le temps. Derrière les mots militaires, le constat est limpide : attirer des jeunes ne suffit plus. Il faut aussi leur donner envie de rester.

Une nouvelle compagnie de réserve tournée vers les crises modernes

Quelques instants plus tard, la 16ᵉ compagnie a également été recréée. Une unité tournée vers la réserve opérationnelle et les nouveaux besoins du régiment : franchissement, catastrophes naturelles, énergie ou appui technique. Une manière aussi d’adapter l’armée aux réalités modernes. Car les conflits ont changé, tout comme les missions confiées aux militaires. Les soldats du génie ne se préparent plus uniquement au combat classique. Ils interviennent aussi lors de catastrophes naturelles, d’opérations de soutien ou de crises majeures.

Défilé militaire et chant des tabors dans les allées de Verdun

Puis le défilé a traversé les allées de Verdun. Au pas cadencé, les sapeurs d’Afrique ont avancé au son du chant « Zidou l’Goudem ». Sur les terrasses, les conversations se sont interrompues quelques minutes. Des habitants filmaient la scène avec leurs téléphones pendant que d’anciens militaires regardaient passer les rangs en silence.

Village militaire : les habitants à la rencontre des sapeurs d’Afrique

Plus loin, le village militaire ouvert au public est venu casser cette distance parfois installée entre l’armée et les habitants. Des enfants grimpaient près des engins du génie pendant que les soldats répondaient aux questions sur leurs métiers, leurs missions ou leur quotidien.

Et finalement, c’est peut-être là que cette journée trouvait son équilibre. Entre mémoire et avenir. Entre cérémonial militaire et proximité locale. Entre les anciens qui ont connu les guerres et les jeunes soldats qui se préparent aux crises de demain.

À Castelsarrasin, ce 8 mai n’aura pas seulement commémoré la victoire de 1945. Il aura aussi raconté comment un régiment continue d’évoluer avec son époque, sans rompre le fil de son histoire.

Pour ne rien manquer de nos prochaines publications, n’hésitez pas à vous abonner à notre page Facebook.

Article précédentDe Bourdelle à Bourdelle en passant par Bourjade, Montauban honore sa mémoire militaire
Emilie BOTTIN
Rédactrice passionnée bénéficiant d’une expérience en tant que correspondante de presse pour un journal régional bi-hebdomadaire, j'ai développé un amour profond pour la narration locale. Ma mission est de diffuser une information juste, factuelle et sans distorsion. Je crois au pouvoir de la vérité pour renforcer les liens communautaires et inspirer la compréhension. J'aime rencontrer des gens et partager leurs histoires uniques. Chaque individu a une voix précieuse, et je m'efforce de la faire entendre à travers mes articles. Rejoindre le Journal du Jour me permet de continuer à servir ma communauté en offrant un accès gratuit à une information locale de qualité. J'ai hâte de contribuer à un média qui valorise l'engagement et la transparence.