
Voir l’instrument de près, le prendre dans ses mains, tenter quelques notes et découvrir ce fameux quatrième piston dont parlent tant les musiciens. Samedi après-midi, une quarantaine de personnes se sont retrouvées dans les jardins de la médiathèque de Moissac pour découvrir et essayer la trompette T.O.M.A. (Trumpets of Michel-Ange), popularisée par le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.
Élèves, professeurs de musique, trompettistes confirmés ou simples curieux avaient répondu à l’invitation. Tous partageaient la même envie : approcher un instrument peu commun que beaucoup avaient déjà aperçu sur scène ou en vidéo, mais qu’ils n’avaient encore jamais eu l’occasion de tenir entre leurs mains.
La trompette T.O.M.A, héritière des travaux de Nassim Maalouf
Pour guider cette découverte, Alexia Coupier, ambassadrice T.O.M.A, avait fait le déplacement avec une trompette d’étude. Elle partage l’histoire de cet instrument peu commun et d’une quête musicale. Celle de Nassim Maalouf, musicien libanais formé au Conservatoire de Beyrouth puis auprès du célèbre trompettiste Maurice André à Paris. Il cherchait à faire entendre sur une trompette occidentale les nuances de la musique orientale. De cette recherche naîtra un quatrième piston capable d’ouvrir de nouvelles possibilités sonores.
Des décennies plus tard, son fils Ibrahim a choisi de prolonger cet héritage à travers T.O.M.A, une marque de trompettes développée avec Adrien Jaminet et Antoine Courtois, accompagnée d’une académie qui réunit des musiciens venus de différents horizons.
Alexia Coupier : « Je suis tombée amoureuse de cet instrument »
Tout au long de l’après-midi, Alexia Coupier alterne anecdotes, démonstrations et essais pratiques. Au fil des échanges, elle a également partagé son propre parcours. « J’ai 48 ans et j’ai commencé la trompette il y a trois ans », raconte-t-elle. Dans l’assistance, plusieurs participants sourient. Son parcours rappelle qu’une passion peut parfois naître là où on ne l’attendait pas.
Après avoir découvert l’instrument et l’univers d’Ibrahim Maalouf, elle décide de commencer son apprentissage. Quelques mois plus tard, elle rejoint l’académie T.O.M.A. avant de se produire sur la scène du Grand Rex. « Je suis tombée amoureuse de cet instrument », confie-t-elle simplement.














Les participants découvrent la trompette d’Ibrahim Maalouf
Puis vient le tant attendu : « Qui veut essayer ? » Le premier à tenter l’expérience est Léo. Son fils lui succède. Puis viennent les élèves, les musiciens amateurs et les passionnés, jeunes et moins jeunes. Tous veulent comprendre ce qui rend cette trompette différente.
À leurs côtés, Alexia guide chaque essai. Elle propose quelques exercices chromatiques, corrige un doigté, donne un conseil sur le souffle ou sur l’utilisation du quatrième piston. Lorsque les notes commencent à s’enchaîner plus naturellement, elle encourage les participants à essayer quelques mesures d’une partition. « Il n’y a pas de niveau avec la trompette à quatre pistons », rappelle-t-elle.
Les premiers essais sont hésitants. Il faut apprivoiser cette nouvelle mécanique et trouver ses repères. Mais très vite, la curiosité l’emporte. Les échanges se multiplient autour de l’instrument. Plusieurs parents immortalisent même l’instant lorsque leurs enfants prennent la trompette entre leurs mains. Pour beaucoup, c’est une découverte. Pour d’autres, l’occasion rare d’approcher un instrument directement associé à l’univers musical d’Ibrahim Maalouf.
Réunir les trompettistes autour d’une même passion
Cette rencontre avait également pour objectif de rassembler les écoles de musique du territoire. Étaient notamment présents des élèves de l’école municipale de musique de Moissac, sous la conduite de Matthias Picou, ainsi que des élèves venus de Castelsarrasin et de Verdun-sur-Garonne accompagnés par leur professeur de trompette, Léo Laguille.« Le but est de réunir les trompettistes du département et de créer une dynamique autour de la trompette », explique Jérôme Villette, directeur de l’école municipale de musique de Moissac et coordinateur de cette journée.
Le pari semble réussi. Après deux heures d’échanges et de découvertes, les instruments sortent finalement des étuis. Sous la direction de Léo Laguille, les participants se regroupent pour une courte audition collective. Pendant quelques minutes, les notes s’élèvent dans les jardins de la médiathèque. Un moment qui résume sans doute l’esprit de l’après-midi : découvrir un instrument, partager une passion et surtout, jouer ensemble.
Lorsque les dernières notes s’éteignent, les discussions se poursuivent encore autour de la trompette T.O.M.A. Personne ne parait vraiment pressé de partir. « C’est une trompette qui fédère », résume Alexia Coupier. À voir les échanges qui se prolongent longtemps après les dernières notes, la formule semble avoir trouvé son public.




























