
Il ne reste aujourd’hui que son fût, mais le dernier moulin à vent de Montech pourrait un jour moudre à nouveau du grain. Le monument vient d’être retenu parmi les 100 sites départementaux de la Mission Patrimoine 2026. Une sélection qui va apporter de nouveaux moyens à un projet porté depuis six ans par une quarantaine de bénévoles.
Rue des Meuniers, il faut aujourd’hui une certaine imagination pour retrouver le moulin qui tournait autrefois à cet endroit. Plus d’ailes, plus de charpente, plus de planchers ni de mécanisme : seul le fût du dernier moulin à vent de Montech a traversé les siècles. Mais, ce vestige vient de franchir une étape importante vers sa renaissance. Il fait partie des 100 sites départementaux sélectionnés en 2026 par la Mission Patrimoine, portée par Stéphane Bern et déployée par la Fondation du patrimoine. Cette sélection permettra au chantier de bénéficier d’un soutien financier provenant de la neuvième édition des jeux Mission Patrimoine, lancée le 1ᵉʳ septembre. Le montant attribué au moulin de Montech n’est toutefois pas encore précisé dans les éléments communiqués.
Des trois moulins de Montech, un seul a survécu
L’histoire du site remonte au moins au XVIIe siècle. Les recherches historiques font apparaître dès 1656 la présence d’un moulin à vent au lieu-dit « La Failliade », alors propriété de religieuses de l’ordre de Sainte-Claire réfugiées à Montech après avoir quitté Montauban. Un siècle et demi plus tard, le cadastre napoléonien de 1812 témoigne encore de l’importance de la meunerie sur le secteur : trois moulins à vent et une maison de meunier y figurent.
Leur déclin s’amorce avec l’arrivée d’une autre force motrice. En 1850, la mise en eau du canal de Toulouse à Montech s’accompagne de la construction d’un moulin à eau. La meunerie à vent disparaît progressivement et, des trois édifices autrefois présents, un seul fût subsiste. Sa construction elle-même raconte les techniques de l’époque : briques foraines à l’extérieur, terre crue à l’intérieur. Le temps a en revanche emporté tout le reste, des meules aux ailes en incluant les menuiseries et la charpente.
Depuis six ans, une quarantaine de bénévoles refuse de le voir disparaître
Si le moulin est encore debout, son avenir se joue surtout depuis 2020. Cette année-là est créée l’association Le Moulin à vent de Montech, qui rassemble aujourd’hui une quarantaine de bénévoles autour de sa sauvegarde. Avant même de parler de refaire tourner des ailes, il a fallu protéger ce qui pouvait encore l’être. Les bénévoles ont nettoyé le site, construit un échafaudage en bois et réalisé une première mise hors d’eau provisoire. Une collecte de dons a ensuite été ouverte en 2025.
La restauration envisagée est autrement plus ambitieuse. Elle doit commencer par le fût, avant de s’attaquer à la charpente et à la couverture. Viendront ensuite les planchers, les escaliers, le mécanisme et, finalement, les ailes qui ont depuis longtemps disparu du paysage montéchois. La conservation d’une grande partie du fût permettrait, selon les porteurs du projet, de reconstruire le moulin à l’identique.
Le moulin doit fonctionner
Parce que derrière le chantier se trouve une ambition assez inhabituelle : le moulin ne doit pas seulement être restauré, il doit fonctionner à nouveau. L’association et la commune de Montech, propriétaire du site, veulent lui permettre de produire de la farine. Le bâtiment retrouverait ainsi une partie de sa fonction d’origine plutôt que de devenir uniquement un monument à visiter. Cette remise en fonctionnement ouvrirait également la porte à l’accueil de scolaires pour découvrir la meunerie et suivre le chemin qui mène du grain à la farine puis au pain. Des partenariats avec des agriculteurs biologiques et des boulangers locaux sont aussi envisagés autour d’une production en circuit court. Le moulin pourrait enfin rejoindre un parcours touristique reliant plusieurs éléments du patrimoine montéchois, du centre ancien aux églises en passant par la pente d’eau.
Après six années de mobilisation locale, la sélection par la Mission Patrimoine donne ainsi une nouvelle dimension au projet. Reste désormais une donnée essentielle à connaître : le montant de l’aide qui sera effectivement accordée et, avec lui, le calendrier auquel le vieux moulin pourra commencer à retrouver sa silhouette.
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