
Battu 16-12 dimanche sur la pelouse des Coquelicots montéchois, l’Avenir Moissagais ramène un point de bonus défensif de son deuxième déplacement de la saison. Mais davantage que le résultat, c’est la manière qui laisse un goût amer au staff moissagais. Conquête défaillante, jeu offensif en panne et manque d’ambition : à quinze jours de recevoir Nérac pour la première à Carabignac, le constat est sans détour.
Il y avait de la frustration dimanche soir à la sortie du stade Launet. Pas tant pour ces quatre petits points séparant Montech de Moissac au coup de sifflet final que pour ce que l’Avenir Moissagais n’est pas parvenu à produire pendant 80 minutes. Une semaine après avoir parfaitement lancé sa saison par une victoire à Bon-Encontre/Boé (24-16), les Moissagais espéraient enchaîner dans ce premier derby tarn-et-garonnais de la saison. Ils sont cette fois tombés sur des Coquelicots qui ont su faire fructifier leurs occasions pour s’imposer 16-12.
Un derby qui n’a jamais vraiment décollé
Montech a pris les devants dès la 11e minute avec le premier essai de la rencontre. Moissac, sans parvenir à trouver la faille, est resté dans le match grâce à la botte de Myron Dumail. Trois pénalités lui ont permis de rentrer aux vestiaires à un petit point des Coquelicots (10-9). La supériorité numérique après l’exclusion définitive d’un joueur montéchois avant la pause n’a pas changé la physionomie de la rencontre. Moissac a continué à buter sur la défense locale, tandis que Montech creusait progressivement l’écart au pied. À dix minutes de la fin, une quatrième pénalité de Dumail ramenait les siens à 16-12. Mais quatre pénalités et aucun essai : le bilan offensif résume aussi les difficultés rencontrées par Moissac. « On savait que ce derby n’allait pas être facile à manœuvrer, surtout avec la chaleur. On est clairement tombés dans un faux rythme et on n’a pas su mettre notre jeu en place », reconnaît le manager Benoît Mothes.
« Nous n’avons pas reconnu notre équipe »
C’est surtout la conquête qui a empêché les Moissagais de construire. « Avec une conquête défaillante, c’est difficile de s’organiser et de dérouler derrière », poursuit le manager. Benjamin Gilbert va encore plus loin dans son analyse. Après la victoire obtenue une semaine plus tôt, les attentes étaient élevées autour d’un groupe qu’il estime capable de beaucoup mieux. « Grosse défaillance en conquête, apathique, amorphe… Nous n’avons pas reconnu notre équipe », regrette-t-il. Un constat sévère, mais partagé par les joueurs eux-mêmes selon l’entraîneur des avants : « Les premiers déçus sont les joueurs, qui sont ressortis frustrés et déçus de leur prestation. »

Trois temps de jeu et puis plus rien
Cédric Pannebiau pointe de son côté ce qui a manqué ballon en main. « Je suis déçu et frustré du résultat de ce match, mais au-delà du score je suis frustré du contenu. Nous n’avons pas réussi à mettre notre jeu en place et nous n’avons pas réussi à enchaîner plus de trois temps de jeu. » La défense, elle, a répondu présent. Mais cela ne suffit pas aux ambitions du staff. « Défensivement, nous sommes en place, mais ça ne suffit pas pour gagner ce genre de match. Il faut que l’on élève notre niveau de jeu et surtout nos ambitions et nos intentions sur le plan offensif », insiste l’entraineur.
Cinq points ramenés de deux déplacements
Tout n’est pourtant pas à jeter dans ce début de championnat. Moissac avait la particularité de commencer sa saison par deux déplacements consécutifs. Une victoire à Bon-Encontre/Boé puis ce bonus défensif à Montech permettent au staff de retenir cinq points avant de retrouver Carabignac. « Ce n’est pas négligeable », souligne Benoît Mothes. Benjamin Gilbert y voit lui aussi la maigre consolation du week-end : « Sur deux premiers matchs joués à l’extérieur, avoir cinq points au classement est bien car la situation aurait pu être plus négative. » Le résultat comptable permet donc de relativiser la déception.
Nérac pour montrer un autre visage
Les Moissagais disposent désormais de quinze jours avant leur première à domicile. Et le calendrier ne leur offrira pas une reprise tranquille puisque Nérac est attendu à Carabignac. Pour Benoît Mothes, le niveau de l’adversaire ne fait aucun doute : « Pour moi, c’est l’équipe la plus complète de ce championnat. » Le manager fixe donc déjà la feuille de route : « À nous de bien préparer ce match pendant ces quinze prochains jours, de travailler ce qui doit l’être et de revenir devant notre public avec l’envie d’être à la hauteur du rendez-vous. » Benjamin Gilbert attend, lui, que son groupe montre « un autre visage ». Même exigence chez Cédric Pannebiau, qui appelle ses joueurs à élever leurs ambitions offensives.
Après deux journées disputées loin de ses bases, l’Avenir Moissagais va enfin retrouver Carabignac. Avec cinq points dans les bagages, mais surtout quinze jours pour retrouver le jeu et les intentions qui lui ont tant manqué dans ce derby.
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