USM de quoi avoir des regrets

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Rien de tel qu’une bonne coupe d’Europe pour tourner la page noire du TOP 14 et se remettre les idées en place. Après deux défaites dans la compétition, les zèbres et les Ospreys, une bonne confrontation avec des Georgiens, dernier du groupe, sans pression particulière, ça peut vous ramener le sourire et rassurer les supporters, dont certains avaient préféré aller à la pêche à la ligne, ou aux champignons, quoiqu’avec le gel ils doivent être plutôt rares (les champignons), à en juger par les travées légèrement clairsemées de Sapiac.


Se redonner le sourire et retrouver le moral quand on sait qu’une bonne partie de la saison va se jouer dans quinze jours à Perpignan, face à des catalans, qui après une entame de championnat catastrophique, semblent avoir retrouvé une seconde jeunesse.

Le combat ne leur fait pas peur

Reste que les Black Lion, malgré deux défaites dans la compétition, n’est pas l’équipe la plus facile à jouer, composée de nombreux internationaux géorgiens, de sacrés guerriers à qui le combat ne fait pas peur. Et dès les premières minutes, ils ont mis les pendules à l’heure avec une domination impressionnante en mêlée. Il aura fallu un coup de filou de Jérôme Bosviel, sur une passe au pied millimétrée, après avoir rapidement joué une pénalité qui a surpris les Géorgiens plutôt absents sur ce coup, pour envoyer Yvan Reilhac, qui faisait son retour dans l’équipe, en terre promise, pour marquer un essai qui n’était le plus difficile de sa carrière, mais encore fallait-il le mettre.
Mais encore une fois, c’est devant que les Lions ont été le plus mordant, avec un groupé pénétrant dévastateur qui a coûté la double peine aux verts et noirs un essai de pénalité et un carton jaune pour Tyrone Viiga. L’arbitre sifflait la mi-temps sur un score déjà lourd de 7 à 17 donnant à la bière des supporters un gout plus amer que d’habitude, quoiqu’elle eût souvent le même goût cette saison.

Les mouches ont changé d’âne

On pouvait espérer que la mi-temps soit salutaire pour permettre aux montalbanais de retrouver leurs esprits et tenter de rivaliser avec leur adversaire du jour. Que nenni, en moins de 5 minutes les Lions plantaient deux essais, bonus offensif en poche et 24 points d’avance, ouch !!!
La messe était dite, « ite missa est » pour les latinistes. Cette avance confortable a-t-elle endormi les visiteurs sûrs de leur force, ont-ils eu du mal à digérer le cassoulet du midi, ou vexé les sapiacains, toujours est-il qu’à partir de ce moment-là, les mouches ont changé d’âne, terme employé encore par une génération de vieux journalistes sportifs dont je me targue de faire partie, ce qui signifie, pour les plus jeunes, que la partie a changé de physionomie, ou encore que le rapport de force se soit inversé. Maixent Da Costa, sur une pénalité jouée à la main en force, puis Karl Wilkins, viennent réduire le score. Jérôme Bosviel, certainement heureux de retrouver sa place après quelques absences, aplati entre les poteaux, après une feinte de passe qui a mystifié toute la défense adverse, 28 à 31 tout reste possible et les supporters se prennent à rêver, sauf qu’on est à la 77° minutes et qu’un match n’en dure que 80.


Malgré les Sapiac, Sapiac des supporters en délire, sublimés par cette remontada d’un autre temps, il aura suffi aux Géorgiens de jouer à cache ballon pendant le temps qu’il restait, de faire tourner le chronomètre, qui nous a semblé du coup tourner plus vite que d’habitude, sur une série de picks and Go, qui aura certainement séduits les puristes, mais pas les amateurs de jeux au large. Mais seule la victoire est belle, le reste n’est qu’anecdote, même si les joueurs de Tillous Bordes ont montré du caractère en fin de partie, ils peuvent nourrir des regrets d’avoir laissé filer ce match sur un laxisme coupable, après les citrons, (il parait qu’il n’y en a plus d’ailleurs, et puis zut, je ne suis pas si vieux, car à mon époque c’étaient des oranges, même si on avait encore un seau d’eau avec une éponge miracle !).

La Challenge Cup se terminera le 17 janvier sur la pelouse du Conacht, encore une promenade de santé !!!

Puis le TOP 14 reprendra ses droits, et il ne faudra pas jouer à l’envers, (celle-là vous pouvez la critiquer) les catalans nous attendent de pied ferme et l’avenir d’un des deux clubs pourrait bien se jouer sur cette rencontre. Allez tous à Lourdes, pour ceux qui y croient, et ne lésinez pas sur les cierges.

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Michel LARRUE
Formateur passionné et journaliste de terrain, j'ai d’abord accompagné des générations de professionnels avant de mettre ma plume au service de la presse locale. Correspondant depuis 2018, je cultive le sens de l’écoute, le goût de transmettre et l’envie de raconter les histoires humaines qui font battre le cœur du Tarn-et-Garonne. Journaliste sportif, j'ai aussi prêté ma voix à la presse parlée (France Info, Radio Bleue) et signé dans la presse écrite (Sud Ouest, Midi Libre, L’Indépendant, Le Petit Journal…).