
À Moissac, la campagne municipale avance vers les 15 et 22 mars 2026. Parmi les candidats déclarés, Séverine Laurent, 51 ans, entrepreneure installée dans la ville depuis une dizaine d’années, conduit la liste de l’Union citoyenne moissagaise.
Son diagnostic est posé sans détours : « Moissac est un véritable joyau endormi. » Elle dit avoir choisi d’y vivre durablement et estime que la ville « mérite beaucoup mieux que ce qu’on en voit et dit à l’extérieur et ce qu’on vit à l’intérieur ». Plutôt qu’un programme qu’elle présente comme une accumulation de mesures, elle parle d’« une vision d’avenir », construite pendant près de dix-huit mois avec une centaine de participants.
La santé comme “priorité absolue”
Dans son discours, la hiérarchie des priorités est nette. Avant l’économie, avant la sécurité, elle place l’accès aux soins. « La priorité absolue, c’est que tous les Moissagais puissent se soigner correctement à Moissac. »
Pour elle, la question dépasse l’installation de quelques praticiens supplémentaires. Elle défend une organisation mêlant médecins libéraux et salariés : « Il ne faut surtout pas opposer les systèmes. »
Son équipe dit avoir travaillé avec la CPTS et l’hôpital local. Elle évoque le dispositif régional « Ma Santé Ma Région » et assure que le dossier serait prêt à être déposé en cas d’élection. La prévention, la coordination avec les établissements hospitaliers voisins et l’accompagnement à l’installation des médecins figurent également dans son programme. En plaçant la santé en tête de ses priorités, la candidate entend poser les bases de son projet municipal.
Sécurité : « prévention, proximité, sanction »
Autre pilier du programme : la sécurité. Séverine Laurent parle d’un climat qui, selon elle, s’est dégradé ces dernières années et renvoie aux chiffres du ministère de l’Intérieur. La ligne est résumée en trois mots : « prévention, proximité, sanction ». Elle insiste notamment sur la dimension éducative : « Il faut éduquer les gens, il faut leur redire les choses, il faut expliquer avant de sanctionner. »
Pour construire sa réflexion, elle explique s’être appuyée sur des comparaisons avec d’autres communes : « On a regardé simplement quelles sont les villes de 15 000 habitants qui ont les meilleurs scores en matière de sécurité en France. » Elle cite notamment Hyères et Villeurbanne, deux villes dirigées par des majorités politiques différentes, mais qui, selon elle, ont mis en place des politiques similaires mêlant prévention et présence sur le terrain.
La relance du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPDR) fait partie des propositions, avec l’idée de réunir régulièrement forces de l’ordre, parquet et acteurs locaux.
Caméras : demande d’“audit” et “rapport d’efficacité”
Sur les caméras, le discours se veut pragmatique. « 44 caméras aujourd’hui à Moissac », rappelle-t-elle, évoquant également un budget supplémentaire de 743 000 euros voté lors d’un conseil municipal. Avant toute extension du dispositif, elle réclame un « rapport d’efficacité » et un audit du système existant.
Centre-ville et tourisme : “penser globalement la ville”
Au-delà des chiffres et des dispositifs, Séverine Laurent relie la question du commerce au cadre de vie. « Un centre-ville, ça fonctionne quand on s’y sent bien. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas du tout à Moissac. »
Elle évoque notamment des points de concentration réguliers dans certains secteurs du centre-ville. L’idée n’est pas, selon elle, de déplacer un problème, mais de « repenser globalement la ville », en travaillant sur l’aménagement et la circulation.
Son programme prévoit une étude d’urbanisme afin de réorganiser certains espaces publics, éviter les regroupements permanents sur quelques carrefours et mieux répartir les flux.
La question du logement est également abordée. Elle évoque une « prolifération des Airbnbs de spéculation » et parle de « près d’une cinquantaine » d’appartements proposés à la location touristique sur la commune.
Création d’un observatoire de l’habitat, encadrement des locations touristiques, interdiction de l’habitat dans les rez-de-chaussée commerciaux : ces pistes figurent dans son projet.
Côté tourisme, elle propose de déplacer l’office de tourisme sur les bords du Tarn afin d’inciter les visiteurs à traverser davantage la ville, avec la création d’un parking bus à proximité et le développement d’activités fluviales.
Une liste “de droite et de gauche”
La candidate insiste enfin sur la composition de sa liste : « Il y a vraiment des gens de droite et il y a vraiment des gens de gauche. (…) Des gens du centre et des gens qui se disent apolitiques. »
L’objectif affiché : éviter les clivages nationaux. « Est-ce qu’on va rejouer le débat national ? Ou est-ce qu’on va réellement s’intéresser au problème des Moissagais ? »
À quelques semaines du scrutin, elle dit vouloir « réveiller le potentiel qui sommeille » dans la ville. Une campagne désormais pleinement engagée, dont les électeurs trancheront l’issue les 15 et 22 mars prochains.
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