Cinq ans après son ouverture dans la Maison d’Espagne, l’espace muséal consacré à l’affichiste Firmin Bouisset va fermer ses portes. La convention liant la Ville de Castelsarrasin à l’Association Firmin Bouisset ne sera pas renouvelée à son échéance, le 22 février 2026. Une décision qui intervient après plusieurs mois de tensions entre la municipalité et l’association présidée par Annie-Claude Elkaim.
Dans un communiqué diffusé le 18 février, le maire Jean-Philippe Bésiers explique que cette décision intervient après « plusieurs tentatives de médiation », associant les services de l’État, la DRAC Occitanie, le Département et la Communauté de communes Terres des Confluences.
Selon la municipalité, ces démarches n’ont pas permis de poursuivre la collaboration « dans de bonnes conditions », en raison de « désaccords » et de « dysfonctionnements répétés » qui, d’après la Ville, ne respecteraient plus les termes de la convention initiale.
Une collaboration arrivée à son terme
À son ouverture, le musée incarnait une ambition : offrir à Castelsarrasin un ancrage culturel autour de l’œuvre de Firmin Bouisset (1859-1925), créateur du Petit Écolier LU ou du Pierrot Poulain. Installé en juillet 2021 après la rénovation de la Maison d’Espagne, l’espace muséal avait bénéficié d’un important soutien public. Mais au fil des années, l’équilibre s’est distendu.
La municipalité rappelle avoir consacré près de 300 000 euros au projet : réhabilitation du bâtiment, aménagement scénographique, signalétique, communication et mise à disposition de locaux.
La fréquentation — environ 3 000 visiteurs annuels, dont de nombreux scolaires — est jugée insuffisante par la Ville au regard des investissements engagés. Elle estime également que plusieurs engagements prévus dans la convention — animations, événements, renouvellement des collections — n’ont pas été pleinement tenus.
Dans un entretien accordé récemment à la presse locale, la présidente de l’association, Annie-Claude Elkaim, défend au contraire le travail accompli. Elle évoque des « commentaires élogieux » des visiteurs et rappelle qu’implanter un musée à Castelsarrasin relevait d’un véritable pari. Selon elle, le projet culturel avait toute sa légitimité.
Une gestion devenue source de tensions
À partir de février 2023, les agents municipaux du service culturel ont assuré l’accueil du public. Pour la municipalité, cela traduisait un retrait progressif de l’association, confrontée à un manque de bénévoles et à des difficultés financières.
Au-delà des chiffres, c’est surtout le climat relationnel qui semble avoir scellé l’issue. Le maire Jean-Philippe Bésiers évoque des relations devenues « incompatibles » avec la poursuite du partenariat et parle de propos « inacceptables » à l’égard des services municipaux. La présidente de l’association conteste cette lecture. Elle dit ne pas comprendre une décision qu’elle juge brutale et parle d’un « crève-cœur ».
Une séparation actée
La convention arrivant à son terme, la Ville ne la reconduit pas. L’association dispose jusqu’au 31 mars pour récupérer ses œuvres et libérer les locaux.
La municipalité assure réfléchir à de nouveaux projets pour la Maison d’Espagne. L’association, elle, cherche désormais un autre lieu susceptible d’accueillir la collection.
Au-delà des divergences, la fermeture de l’espace muséal marque la fin d’une tentative culturelle qui, pendant cinq ans, aura cherché à faire vivre à Castelsarrasin l’héritage d’un artiste emblématique. Reste désormais à savoir où la collection trouvera un nouveau point d’ancrage.
Pour ne rien manquer de nos prochaines publications, n’hésitez pas à vous abonner à notre page Facebook.





























