
Le projet de sauvegarde du tympan de l’abbatiale de Moissac vient de franchir une étape clé. Auditionnée par la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, la Ville a obtenu un avis favorable unanime, condition indispensable pour engager un chantier de restauration aussi sensible que prioritaire.
Une validation unanime au ministère de la Culture
C’est à Paris, au ministère de la Culture, que s’est jouée une séquence décisive pour l’un des joyaux du patrimoine moissagais. La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) a rendu un avis favorable à l’unanimité au projet de sauvegarde du tympan de l’abbatiale, porté conjointement par la Ville et les services de l’État.
Pour le maire de Moissac, Romain Lopez, cette décision est loin d’être symbolique : « L’avis favorable de la CNPA valide le caractère prioritaire du projet de rénovation du tympan de l’abbatiale par les services de l’État, garantissant ainsi son financement ainsi que son traitement en priorité vis-à-vis d’autres projets de restauration. » Une reconnaissance officielle du caractère exceptionnel — et fragile — de ce monument classé.
Un état sanitaire jugé préoccupant
Si le projet est aujourd’hui priorisé, c’est en raison d’une dégradation évolutive des sculptures, en particulier du bas-relief du tympan. En cause : la présence de nitrate de sodium, un sel qui attaque la pierre en profondeur. « Il est impératif d’intervenir dans les toutes prochaines années, car la dégradation des sculptures continuera son œuvre destructrice au regard de son caractère évolutif », explique le maire. « Seul le dessalement pourra stabiliser les pierres, particulièrement le bas-relief, sur le long terme. » Un diagnostic partagé par les experts : sans intervention, les altérations risquent de s’aggraver de manière irréversible.
Un calendrier déjà balisé
L’avis favorable de la CNPA ne modifie pas le calendrier technique déjà établi, mais il le conforte durablement. Les travaux de sauvegarde du tympan devraient débuter en 2028, après les interventions programmées sur le porche et le chemin de ronde, prévues à partir de fin 2026. « Cette décision conforte et inscrit dans le marbre notre co-engagement avec l’État », souligne Romain Lopez.
Un chantier ouvert au public et à la médiation culturelle
Au-delà de la restauration elle-même, la Ville entend faire de ce chantier un outil de médiation culturelle. En lien avec la DRAC, plusieurs pistes sont envisagées :
- visites de chantier pour le public,
- accès aux bains de dessalement,
- expositions pédagogiques,
- modélisation numérique du tympan,
- partenariats avec des écoles d’architecture.
« L’objectif est d’expliquer ces travaux décennaux et de permettre aux visiteurs d’assister à une partie de leur réalisation, sans que le monument soit amputé de ses pierres pendant les déposes », précise le maire.
Préserver, transmettre, expliquer
Avec cette décision, la sauvegarde de l’Abbatiale de Moissac entre dans une nouvelle phase : celle d’un long chantier, complexe, mais désormais solidement encadré et financé.
Un travail de fond, pensé non seulement pour préserver un patrimoine exceptionnel, mais aussi pour le rendre lisible, compréhensible et accessible aux générations futures — sans jamais rompre le lien entre conservation, transmission et vie culturelle.
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