
Département jeune, rural et en forte croissance démographique, le Tarn-et-Garonne doit relever des défis sécuritaires multiples. Présence renforcée sur le terrain, lutte ciblée contre le narcotrafic, baisse de la mortalité routière, réponse pénale assumée : lors d’une conférence de presse, le préfet et les forces de sécurité ont détaillé une stratégie fondée sur la proximité et la coordination.
Un territoire dynamique… sous tension
Avant d’aborder les chiffres, le préfet de Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti, a posé le décor. En dix ans, le département a gagné près de 10 000 habitants, porté par l’attractivité de l’aire toulousaine. « On a à peu près 0,5 % d’augmentation de la population par an. Entre 2016 et 2026, on a pris 10 000 habitants supplémentaires », a indiqué le préfet. Une croissance rapide, dans un territoire majoritairement rural, jeune, mais aussi marqué par une précarité sociale plus élevée que la moyenne nationale.
Ce contexte particulier façonne les enjeux de sécurité : usage massif de la voiture, habitat ancien, mobilités contraintes, zones rurales parfois éloignées des services. Ce contexte démographique et social impose une adaptation permanente des politiques de sécurité.
Une présence renforcée sur le terrain
Premier axe assumé par l’État : la visibilité des forces de l’ordre. En 2025, la présence sur la voie publique a progressé représentant 310 000 heures de patrouilles sur l’année. « On a augmenté de 7 % cette présence », a souligné le préfet. Un choix stratégique revendiqué. Cette présence accrue vise autant la prévention que la dissuasion, notamment dans les pôles urbains secondaires comme Castelsarrasin, Moissac ou Valence d’Agen, où les tensions peuvent rapidement se concentrer autour de quelques individus.
Narcotrafic : frapper vite, éviter l’enracinement
La lutte contre le trafic de stupéfiants constitue l’un des marqueurs forts de l’année écoulée. Police et gendarmerie ont saisi 584 kg de stupéfiants et démantelé dix points de deal. « Cette année, on a démantelé 10 points de deal. Il nous en reste 2 recensés et sous enquête », a indiqué le colonel Marc de Remond du Chelas.
Un élément différenciant ressort nettement : l’absence de narco-homicides sur le territoire. « Nous ne constatons pas, en Tarn-et-Garonne, de violences armées liées à des rivalités entre trafiquants, contrairement à d’autres territoires » a souligné Yann Sourisseau Directeur Départemental de la Police Nationale, tout en notant une progression de la cocaïne aux côtés du cannabis. Selon lui, les homicides recensés relèvent surtout du “droit commun”, même si cela n’enlève rien à leur gravité.
La stratégie repose sur un principe clair : agir dès les premiers signaux, en lien étroit avec le parquet, pour éviter toute structuration durable des réseaux.
Violences intrafamiliales : une réponse pénale resserrée
Autre priorité majeure : les violences intrafamiliales. Si les signalements restent nombreux, le taux de récidive est passé de 20 % en 2021 à 5–7 % aujourd’hui. « Depuis 2023, on a un taux qui stagne entre 5 et 7 % de récidive », a expliqué la vice-procureure. Une évolution attribuée à une réponse pénale plus rapide et plus ferme. Le département dispose désormais de 40 téléphones grave danger, dont 28 actifs, et de bracelets anti-rapprochement en phase post-sentencielle. La vice-procureure a également mis en avant un travail accru de prévention et de coordination avec les associations.
Sécurité routière : une baisse nette, mais fragile
Avec 17 morts sur les routes en 2025, contre 25 l’année précédente, la mortalité routière recule de 30 %. Un résultat salué, obtenu grâce à l’intensification des contrôles, à la prévention et à une répression plus systématique des récidivistes, incluant la confiscation de véhicules. Mais le préfet reste prudent : dans un département où 90 % des déplacements se font en voiture, la vigilance doit rester constante, d’autant plus que le vandalisme de radars a fragilisé certains dispositifs.
Cibler les fauteurs de troubles plutôt que stigmatiser
L’un des fils rouges de cette stratégie tient dans le ciblage précis des individus perturbateurs, notamment dans certains quartiers. En lien avec les bailleurs sociaux et les maires, des mesures d’éloignement, d’interdiction de paraître ou d’expulsion sont utilisées lorsque les conditions sont réunies. « Très souvent, les désordres reposent sur un nombre limité de personnes », rappelle le préfet. Une approche qui vise à restaurer le calme sans pénaliser l’ensemble des habitants.
Une méthode assumée, des défis persistants
Ce bilan 2025 ne se veut ni triomphaliste ni alarmiste. Il dessine une méthode : proximité, coordination entre services, ciblage, et adaptation aux réalités locales. Une stratégie qui produit des résultats tangibles, mais qui devra encore s’ajuster face à la croissance démographique, à la précarité sociale et à l’évolution des formes de délinquance.
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