Santé. Le premier Médicobus arrive en Tarn-et-Garonne pour lutter contre les déserts médicaux

Signature officielle de la convention du Médicobus avec le préfet et les partenaires de santé à Castelsarrasin
Signature officielle de la convention du Médico-bus 82 avec le préfet et les partenaires de santé à Castelsarrasin. Crédit photos JDJ
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Aller vers les patients plutôt que les laisser renoncer aux soins. Avec le lancement officiel du Médicobus, l’État, l’ARS et l’APAS 82 s’engagent pour rapprocher la médecine générale des zones rurales les plus fragiles du Tarn-et-Garonne.

Un Médicobus pour aller là où les soins manquent

C’est une étape attendue de longue date dans la lutte contre la désertification médicale. La convention officialisant le lancement du Médicobus a été signée cette semaine à Castelsarrasin, au siège de l’APAS 82, en présence du préfet Vincent Roberti, du sous-préfet Pierre Bressolles, de David Billetorte directeur de l’Agence régionale de santé du Tarn-et-Garonne, et Catherine Bourdoncle vice-présidente du Conseil départemental et des acteurs de terrain.

Objectif : apporter une offre de médecine générale itinérante dans les zones rurales et sous-denses du Tarn-et-Garonne, en priorité pour les personnes sans médecin traitant.

« Aller vers » les patients les plus isolés

Le Médicobus s’inscrit pleinement dans la logique du dispositif national France Ruralité. Il ne s’agit pas d’un cabinet médical classique sur roues, mais d’un centre de santé mobile, rattaché au centre de santé pluriprofessionnel de l’APAS 82.

« Ce projet marque l’aboutissement d’un long travail et d’un engagement collectif. Il permettra d’aller vers les territoires et les personnes qui n’ont pas accès aux soins », a souligné Patrick Malphettes, président de l’APAS 82.

Le projet a également été présenté par Marie Alayrac, directrice de l’APAS 82 depuis 2013, qui a piloté sa conception et sa mise en œuvre. Elle a rappelé que ce Médicobus s’inscrit dans la continuité du centre de santé pluriprofessionnel de l’association, pensé comme un outil souple, capable de s’adapter aux réalités du territoire.

Une réponse attendue face à une situation critique

En Tarn-et-Garonne, près de 25 000 habitants sont aujourd’hui sans médecin traitant, dont une majorité en zone rurale. Sur un département de 275 000 habitants, plus de 170 000 vivent hors des grands centres urbains.

Le Médicobus interviendra sur des communes identifiées conjointement par l’ARS, la CPAM, la MSA et les élus locaux, selon des critères précis de sous-densité médicale. Les lieux d’intervention évolueront en fonction des implantations futures de médecins.

Interrogé sur la manière dont seront déterminées les communes d’intervention, le directeur départemental de l’ARS a précisé que ce choix reposera sur « un audit plus fin des zones démographiques du territoire, à l’est comme à l’ouest du département, en lien avec les élus ». Un dispositif appelé à évoluer dans le temps, « à la fois pérenne et adaptable », avec un objectif assumé : favoriser à terme l’implantation de médecins.

Consultations, soins non programmés et prévention

À partir de juin 2026, le Médicobus entrera en service. Il fonctionnera dans un premier temps quatre jours par semaine, avec à bord un médecin généraliste (en rotation) et une assistante médicale.

Les consultations se feront sur rendez-vous et porteront sur la médecine générale, les soins non programmés, le suivi de patients en affection longue durée, des actions de prévention (dépistages, vaccinations).

Dans un second temps, le dispositif intégrera également une aide à l’orientation vers les spécialistes, un accompagnement aux démarches de santé, une médiation numérique pour les publics les plus éloignés.

Un projet porté par un centre de santé structurant

Le Médicobus prolonge l’action du centre de santé pluriprofessionnel de l’APAS 82, implanté à Castelsarrasin, Montauban et Caussade. L’établissement accompagne plus de 3 000 patients par an, avec une équipe de médecins généralistes, infirmiers, spécialistes, psychologue et personnels administratifs. L’ouverture récente d’une antenne à Donzac et l’arrivée prochaine de nouveaux médecins témoignent d’une dynamique forte, malgré les tensions nationales sur les recrutements médicaux.

Un engagement financier fort de l’État

Le préfet Vincent Roberti a salué « un projet attendu depuis deux ans, rendu possible grâce à l’énergie collective des acteurs locaux ». L’État, via l’ARS Occitanie, s’engage à financer le Médicobus à hauteur de 200 000 euros par an pendant trois ans, pour un budget global annuel pour la mise en place de ce projet de 477 746 euros. Le Conseil départemental de Tarn-et-Garonne a, de son côté, financé l’acquisition du véhicule, un engagement voté à l’unanimité, salué comme un levier pour rendre le dispositif opérationnel sur le terrain. « Ce Médicobus est un outil essentiel pour garantir l’égalité d’accès aux soins », a souligné la représentante du Département. « Il répond à une attente forte des habitants. »

Une première en Tarn-et-Garonne

Avec ce lancement, le Tarn-et-Garonne rejoint les départements engagés dans des solutions innovantes face aux déserts médicaux. La signature de cette convention marque le début d’une expérimentation de trois ans, appelée à durer tant que les besoins persisteront. Un symbole fort, mais surtout une réponse attendue aux difficultés d’accès aux soins rencontrées par des milliers d’habitants du territoire.

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Emilie BOTTIN
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