Crises agricoles, sécurité, grands projets : le préfet dresse un état des lieux sans détour du Tarn-et-Garonne. Entre fermeté de l’État et accompagnement du territoire, les priorités pour 2026 sont posées.
La salle est pleine, le rituel bien en place. Ce jeudi 23 janvier, à l’occasion des vœux aux personnalités, le préfet de Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti, n’a pas livré un simple discours de circonstance. Derrière les formules d’usage, c’est un état des lieux sans détour du département qui s’est dessiné : un territoire dynamique, mais soumis à de fortes tensions, que l’État entend accompagner… et encadrer.
Agriculture : un département éprouvé par les crises
D’emblée, le préfet a replacé son propos dans un contexte plus large, marqué par les incertitudes nationales et internationales. Dans ce paysage mouvant, le Tarn-et-Garonne n’échappe pas aux secousses. Agriculture fragilisée, dérèglement climatique, pression sociale : les défis s’accumulent.
L’agriculture, pilier historique et économique du département, concentre à elle seule une grande partie des inquiétudes. Elle représente près de 15 % du PIB local, davantage encore si l’on inclut l’agroalimentaire. Mais les exploitants font face à une succession de crises sanitaires, climatiques et géopolitiques. « Nos paysans ne vont pas bien », a reconnu le préfet, rappelant l’importance du dialogue engagé avec la chambre d’agriculture et les organisations professionnelles. L’exemple du Chasselas, cité à plusieurs reprises, illustre cette méthode : concertation, accompagnement et recherche de solutions collectives.
Sécurité : fermeté assumée et soutien aux agents
Si l’État se veut protecteur, il se veut aussi ferme. Le préfet n’a pas éludé les événements de décembre dernier, marqués par des dégradations de bâtiments publics à Montauban et Castelsarrasin. Sans remettre en cause le droit de manifester, il a rappelé que la destruction des biens publics n’est pas acceptable.
Ces violences ont profondément marqué les agents de l’État. Leur sécurité, a insisté Vincent Roberti, reste une priorité absolue. Une priorité concrétisée par la signature récente d’une convention associant opérateurs, parquet et conseil départemental. La fermeté passe aussi, selon lui, par des décisions difficiles : rupture de partenariats associatifs ne respectant pas le cadre républicain, réquisitions de terrains pour l’accueil des gens du voyage. « L’État de droit, c’est le respect de chacun, mais aussi le respect de la loi », a-t-il martelé.
Des résultats revendiqués sur le terrain
Au-delà des faits marquants, le préfet a insisté sur la sécurité du quotidien. Les chiffres avancés se veulent parlants : en trois ans, le nombre de morts sur les routes a diminué de 30 %, permettant au département de sortir du classement des plus meurtriers. Un progrès, même si le bilan reste jugé inacceptable.
La lutte contre le narcotrafic constitue un autre axe fort. En 2025, près de 530 kilos de stupéfiants ont été saisis, ainsi que plusieurs milliers d’euros d’avoirs criminels. Démantèlement de points de deal, fermetures de commerces impliqués, expulsions de locataires à l’origine de nuisances : l’État revendique une action continue pour préserver la tranquillité publique.
Un territoire qui avance malgré tout
Ce tableau exigeant n’occulte pas les dynamiques positives. Vincent Roberti a rappelé la richesse du tissu économique local, composé de PME, d’artisans et d’industries innovantes. Plusieurs entreprises tarn-et-garonnaises ont été distinguées dans le cadre du programme France 2030, mobilisant près de 5 millions d’euros de soutien.
Les grands projets structurants sont également en ligne de mire : future ligne TGV et fonds de solidarité territoriale, nouvel hôpital de Montauban sur le site de Bardonis, ou encore les retombées économiques majeures du grand carénage de la centrale de Golfech, avec 468 millions d’euros investis et des centaines d’emplois mobilisés.
Cohésion sociale et services publics en ligne de mire
Enfin, le préfet a réaffirmé l’engagement de l’État sur les questions sociales. Logement, santé, éducation restent des priorités dans un département où 42 % des médecins ont plus de 60 ans et où l’accès aux soins demeure fragile. La labellisation des Espaces France Santé, le renforcement de l’hébergement d’urgence et le développement des services publics de proximité participent, selon lui, à maintenir un lien essentiel avec les habitants.
2026, une année charnière
En filigrane de ces vœux, une perspective se dessine : 2026 sera une année de transition, marquée notamment par les élections municipales. L’État, a assuré le préfet, sera pleinement mobilisé pour accompagner ce rendez-vous démocratique.
Souhaitant une année « d’apaisement et de réussites collectives », Vincent Roberti a conclu sur une note à la fois symbolique et volontaire. Le Tarn-et-Garonne est confronté à de fortes tensions, mais il avance. Sous réserve, toutefois, d’un engagement partagé et d’un respect clair des règles communes.
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