Tarn-et-Garonne. Le surendettement progresse fortement

En Tarn-et-Garonne, le nombre de dossiers de surendettement a fortement augmenté en un an.
En Tarn-et-Garonne, le nombre de dossiers de surendettement a fortement augmenté en un an. JDJ
natura-baies.com

Le signal d’alerte est clair. En Tarn-et-Garonne, le nombre de dossiers de surendettement a fortement augmenté en un an. Un constat partagé par les services de l’État et la Banque de France lors de la réunion annuelle de la commission départementale consacrée à cette question. « La situation est en train de se dégrader », reconnaît le préfet de Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti.

Une hausse bien plus forte qu’ailleurs

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, 631 dossiers de surendettement ont été déposés dans le département, contre 470 en 2024, soit une hausse de 34,3 %.

Une progression particulièrement marquée si on la compare à la tendance nationale. « Dans la plupart des départements, l’augmentation tourne plutôt autour de 10 % », souligne le préfet. Michèle Brogi, directrice départementale de la Banque de France du Tarn-et-Garonne nuance toutefois légèrement cette évolution. L’année précédente avait été plus calme dans le département. « Si on lisse sur deux ans, on est plutôt autour de 19 à 20 % de hausse », explique la directrice départementale.

53,8 % : logement et énergie pèsent de plus en plus lourd

Autre évolution notable : la nature des dettes. Aujourd’hui, le logement et l’énergie représentent l’essentiel des situations de surendettement. En 2020, les dettes liées au logement représentaient 40,8 % des dossiers en Tarn-et-Garonne. Elles atteignent désormais 53,8 %. Même tendance pour l’énergie, passée de 16,9 % à 23,3 %. « Ce sont des dépenses sur lesquelles les ménages ne peuvent pas agir », explique Michèle Brogi. « On ne peut pas vivre sans chauffage ni logement. »

Des ménages qui travaillent, mais n’y arrivent plus

Le profil des personnes concernées évolue lui aussi. Si les situations de chômage ou de précarité restent présentes, de plus en plus de ménages en activité se retrouvent en difficulté.

« On voit aujourd’hui des couples qui travaillent tous les deux, souvent avec des salaires proches du SMIC, mais qui n’arrivent plus à faire face aux charges du quotidien », observe la directrice. La tranche d’âge 35-54 ans est désormais la plus représentée parmi les dossiers déposés.

Au total, 80 % des personnes surendettées sont des employés, des ouvriers ou des personnes sans activité, et 71 % des dossiers concernent des personnes seules ou des familles monoparentales. Une proportion particulièrement élevée qui illustre la fragilité économique de certains ménages face à la hausse des dépenses contraintes.

Une dette médiane de 19 000 euros

Dans le département, l’endettement médian des ménages surendettés atteint 19 000 euros, un niveau légèrement supérieur à la moyenne régionale. Mais toutes les dettes ne sont pas effacées. « Il faut trouver un équilibre », rappelle le préfet. « L’objectif est d’aider les personnes à s’en sortir tout en tenant compte de la situation des créanciers. » Selon les situations, la commission peut mettre en place un rééchelonnement des dettes, un moratoire ou un effacement partiel.

Des crédits à la consommation toujours très présents

Dans de nombreux dossiers, les crédits à la consommation continuent de peser lourd. La Banque de France observe également la multiplication des paiements fractionnés et mini-crédits, souvent souscrits en ligne. « On a l’impression que ce n’est pas grand-chose, mais ces mensualités finissent par représenter un budget important », explique la directrice.

Au total, près de 19 millions d’euros de dettes sont aujourd’hui recensés dans les dossiers de surendettement du département. Plus de la moitié correspond à des crédits à la consommation, qui représentent 51 % de l’endettement. Les dettes immobilières comptent pour 25 %, tandis que les charges courantes – logement, énergie ou impôts – représentent 24 %. Un équilibre qui montre le poids persistant des crédits à la consommation dans les situations de surendettement.

Prévenir plutôt que guérir

Face à cette situation, la prévention devient un enjeu majeur. En 2025, 867 personnes ont été sensibilisées à l’éducation financière dans le département, notamment dans les écoles, les missions locales ou auprès des travailleurs sociaux. « Notre rôle est aussi d’aider les gens à mieux comprendre leur budget et à éviter les situations de surendettement », souligne la Banque de France.

Pour ne rien manquer de nos prochaines publications, n’hésitez pas à vous abonner à notre page Facebook.

Article précédentMunicipales à Montauban : Didier Lallemand en tête, une quadrangulaire au second tour
Emilie BOTTIN
Rédactrice passionnée bénéficiant d’une expérience en tant que correspondante de presse pour un journal régional bi-hebdomadaire, j'ai développé un amour profond pour la narration locale. Ma mission est de diffuser une information juste, factuelle et sans distorsion. Je crois au pouvoir de la vérité pour renforcer les liens communautaires et inspirer la compréhension. J'aime rencontrer des gens et partager leurs histoires uniques. Chaque individu a une voix précieuse, et je m'efforce de la faire entendre à travers mes articles. Rejoindre le Journal du Jour me permet de continuer à servir ma communauté en offrant un accès gratuit à une information locale de qualité. J'ai hâte de contribuer à un média qui valorise l'engagement et la transparence.