Saint-Nicolas-de-la-Grave. Zachary Richard raconte et chante l’Acadie

Zachary Richard et Xavier Coron sur scène au Centre culturel Jules Fromage lors d’une soirée consacrée à l’histoire acadienne à Saint-Nicolas-de-la-Grave. Crédit photos Xavier Coron
natura-baies.com

Samedi 31 janvier 2026, le Centre culturel Jules Fromage, à Saint-Nicolas-de-la-Grave, a accueilli Zachary Richard pour une soirée organisée au profit de la médiathèque municipale. Entre récit historique et concert, l’artiste louisianais a proposé une traversée de l’histoire acadienne, devant un public venu de toute la région.

Avant le concert, la soirée a pris la forme d’une rencontre. Présentée par Xavier Coron, président de l’association Cadill’rock by Xav, et par Mahé Cantegreil pour la médiathèque, elle s’est ouverte par la lecture d’un poème par Maïté Rimbert, de la troupe de théâtre de Saint-Nicolas-de-la-Grave.

Raconter l’Acadie avant de la chanter

Zachary Richard n’est pas entré immédiatement par la musique. Pendant près d’une heure, il a raconté l’histoire des Acadiens, appuyé par un diaporama. Une histoire souvent absente des manuels, mais centrale pour comprendre la Louisiane francophone.

Il est question d’un peuple parti de l’ouest de la France au XVIIᵉ siècle, installé sur des terres marécageuses rendues agricoles par le travail, vivant en relative neutralité au milieu des conflits franco-britanniques. Jusqu’à la rupture de 1755, lorsque les autorités anglaises organisent la déportation massive des Acadiens : le Grand Dérangement. Zachary Richard évoque les camps, la séparation des familles, les longues errances vers la Louisiane, le Canada ou le retour contraint vers la France. Sans pathos excessif, mais avec une précision qui capte l’attention d’une salle attentive.

Une scène ouverte aux artistes locaux

La musique prend ensuite le relais, d’abord avec quatre artistes locaux. Jérémy Cordeiro, originaire de Moissac, Ziano, venu de Montauban, Astrid la Troubadour et Jennifer Abidh se succèdent sur scène. Cette dernière marque particulièrement le public avec sa reprise d Évangéline, chanson emblématique de Zachary Richard, inspirée d’un poème de Longfellow sur une jeune Acadienne séparée de son amour lors de la déportation.

Zachary Richard, entre la Louisiane et la France

Lorsque Zachary Richard revient sur scène pour son concert, le registre évolue. Les chansons naviguent entre la Louisiane, la langue française, le zydeco et des thèmes plus universels. Il rend hommage à Clifton Chenier, figure majeure de la musique louisianaise, mais évoque aussi des événements plus récents. Avec Le bal de Bataclan, écrit après les attentats de 2015, il aborde la violence contemporaine sans quitter ce qui traverse toute son œuvre : la capacité à parler d’amour et de dignité dans des contextes marqués par la tragédie.

Un final collectif

La soirée se conclut avec Travailler c’est trop dur, chanson emblématique de Zachary Richard, reprise avec le Cadill’Rock Band. Xavier Coron rejoint l’artiste au chant et à l’harmonica, accompagné de Yann à la guitare, Phiphi à la batterie et Chris à la basse. Un moment collectif, simple, sans mise en scène excessive.

Cadill’Rock Band poursuit ensuite avec son propre répertoire, puisant dans l’histoire franco-américaine autour de Lamothe-Cadillac, natif de Saint-Nicolas-de-la-Grave et fondateur de Détroit. Entre références historiques et rock, le groupe assure la fin de soirée devant un public resté nombreux.

Une soirée ancrée localement

Au-delà de la présence de Zachary Richard, l’événement s’inscrit dans une dynamique locale portée par les bénévoles de l’association Cadill’rock by Xav et les acteurs culturels de la commune. Une manière de rappeler que la culture, même lorsqu’elle convoque une histoire lointaine, se construit aussi à l’échelle d’un territoire.

Zachary Richard a quitté Saint-Nicolas-de-la-Grave discrètement, laissant derrière lui une salle attentive, plus informée qu’en début de soirée, et un public qui aura, pour beaucoup, découvert ou redécouvert l’histoire acadienne autrement que par la seule musique.

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Emilie BOTTIN
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