
Consommation de plus en plus précoce, nuisances répétées et risques sanitaires avérés : à Moissac, la municipalité a pris un arrêté interdisant l’usage du protoxyde d’azote sur l’espace public. Une décision assumée pour prévenir les dangers et protéger les habitants, en particulier les plus jeunes.
Une consommation détournée qui inquiète localement
Ces derniers mois, la présence de cartouches et de bonbonnes de protoxyde d’azote dans l’espace public s’est banalisée. Derrière l’image trompeuse du « gaz hilarant », les autorités alertent sur une consommation détournée, souvent récréative, qui touche un public de plus en plus jeune.
À Moissac, cette réalité n’est pas passée inaperçue. Au-delà des nuisances visibles — déchets abandonnés, regroupements nocturnes — les risques sanitaires et sécuritaires ont conduit la municipalité à agir. Dans son arrêté, la municipalité évoque un constat quotidien dressé par les services municipaux, marqué par « la découverte et le ramassage de bonbonnes de gaz et de ballons usagés », témoignant d’une banalisation et d’un usage intensif de ce produit détourné de sa vocation initiale.
Un arrêté municipal pour protéger la santé et la tranquillité publique
Face à cette situation, le maire de Moissac a pris un arrêté interdisant la détention, le transport et la consommation de protoxyde d’azote sur l’espace public. Le texte interdit également l’abandon de cartouches ou de bonbonnes, en raison des risques environnementaux et des dangers que ces déchets représentent, notamment pour les installations de collecte et d’incinération.
L’objectif affiché est triple : santé publique, protection de l’environnement et prévention des troubles à l’ordre et à la tranquillité des riverains. L’arrêté mentionne aussi « la nécessité de faciliter l’intervention des forces de l’ordre », en leur donnant un cadre clair pour agir.
Plaintes, nuisances et signalements répétés
Au-delà de la pollution visuelle, l’arrêté met en avant une montée des tensions locales. Sur le territoire communal, « ce phénomène tend à prendre de l’ampleur », souligne le texte, en s’appuyant sur les plaintes et doléances de riverains, ainsi que sur les mains courantes enregistrées par le service de police.
Ces signalements font état de nuisances de voisinage récurrentes, de regroupements nocturnes et de dépôts massifs de cartouches usagées sur la voirie. Pour la municipalité, il ne s’agit plus de faits isolés, mais d’un usage qui s’installe et perturbe durablement le cadre de vie.
L’un des points les plus sensibles relevés dans l’arrêté concerne le public touché. La mairie souligne que ces pratiques « touchent non seulement de jeunes adultes mais aussi des mineurs », renforçant la nécessité d’une réponse ferme de l’autorité publique.
Des risques bien réels, loin de l’image “festive”
Si le protoxyde d’azote est utilisé légalement dans les domaines médical et industriel, son inhalation à des fins récréatives comporte des dangers sérieux : pertes de connaissance et risques d’asphyxie, brûlures par le froid du gaz, troubles neurologiques parfois durables, altération de la vigilance, notamment en cas de conduite. À cela s’ajoutent les risques indirects : chutes, accidents et dangers liés à l’accumulation de bonbonnes jetées dans l’espace public.
Quelles sanctions en cas d’infraction ?
Toute personne, mineure ou majeure, surprise en infraction s’expose à une amende pouvant atteindre 150 euros. Une sanction administrative qui vise avant tout à dissuader, dans un esprit de prévention plus que de répression.
La municipalité rappelle que cet usage n’a rien d’anodin et appelle à la vigilance collective, notamment auprès des plus jeunes. Le « gaz hilarant », souvent perçu comme festif ou sans danger, peut entraîner des conséquences graves et durables.
Prévenir avant qu’il ne soit trop tard
Par cet arrêté, la municipalité affiche un message clair : la prévention prime sur la répression. L’objectif est de rappeler que le protoxyde d’azote n’est pas un produit anodin et que son usage détourné met gravement en danger la santé. En agissant en amont, la commune entend enrayer une pratique qui prend de l’ampleur et préserver la qualité de vie des habitants.
Un signal clair envoyé aux consommateurs, mais aussi aux familles : derrière son nom trompeur, le protoxyde d’azote constitue un enjeu réel de santé publique, que les collectivités locales ne veulent plus laisser s’installer dans l’indifférence.
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