Ligne nouvelle du Sud-Ouest. Une autorisation technique franchie entre Bordeaux et Toulouse

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Ce n’est pas encore le bruit des pelleteuses, mais ce n’est plus tout à fait de la théorie. Jeudi 5 février, les préfets de la Haute-Garonne, de la Gironde, du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne ont signé un arrêté interpréfectoral autorisant les premières opérations préalables à la Ligne nouvelle du Sud-Ouest (LNSO) sur la section Bordeaux–Toulouse. Une étape administrative importante, souvent mal comprise, dans un projet qui continue de susciter interrogations et vigilance sur les territoires traversés.

Ce qui est autorisé… et ce qui ne l’est pas

L’arrêté signé ne donne aucun feu vert aux travaux de construction de la ligne. Il autorise uniquement la réalisation : de sondages géotechniques, pour analyser la nature des sols et de diagnostics archéologiques, destinés à identifier d’éventuels vestiges avant toute intervention lourde.

Ces opérations concerneront les secteurs présentant une sensibilité environnementale particulière sur l’ensemble du tracé Bordeaux–Toulouse. Elles pourront débuter dès à présent, sous le contrôle des services de l’État et en lien avec les acteurs locaux, à l’exception des zones boisées, qui ne seront concernées qu’à partir de l’automne 2026.

Autrement dit : on mesure, on observe, on documente — mais on ne construit pas.

Une consultation du public très suivie

Avant la signature de l’arrêté, une consultation du public s’est tenue du 27 octobre au 26 novembre 2025 dans les quatre départements concernés. Elle portait sur la nature des investigations prévues, leurs impacts potentiels sur l’environnement et les mesures d’évitement, de réduction ou de compensation proposées par le maître d’ouvrage, SNCF Réseau.

Les chiffres témoignent d’un intérêt marqué avec 32 850 visiteurs sur la plateforme dédiée et 3 769 contributions déposées. Un volume qui traduit à la fois l’ampleur du projet et la sensibilité persistante des habitants aux conséquences environnementales et territoriales de la future ligne. À l’issue de cette phase, les conseils départementaux de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) de chaque département ont rendu un avis favorable, ouvrant la voie à la signature de l’arrêté.

Une étape procédurale, dans un projet au long cours

Cette autorisation environnementale est la première d’une série. D’autres demandes seront nécessaires avant toute phase de travaux, chacune devant faire l’objet d’instructions spécifiques et, le cas échéant, de nouvelles consultations. Pour l’État, il s’agit d’un signal de continuité. Pour les territoires, c’est surtout la confirmation que le projet avance par paliers, dans un calendrier qui reste long et soumis à de nombreux arbitrages.

Un observatoire pour suivre les effets du projet

En parallèle, Pierre-André Durand, préfet coordonnateur du projet et préfet de la région Occitanie, a annoncé le lancement de l’Observatoire socio-économique et environnemental de la LNSO, mis en place par SNCF Réseau.

Cet observatoire aura pour mission d’évaluer, dans la durée les effets du projet sur les territoires, les impacts environnementaux et le retour à un équilibre fonctionnel des milieux humains, naturels et économiques. Prévu pour fonctionner sur au moins dix ans, dont cinq après la mise en service de la ligne, il s’inscrit dans la continuité des engagements pris par l’État depuis la phase de concertation engagée dès 2009. Un outil de suivi, donc, plus que de décision, mais qui sera scruté de près par les collectivités, les associations et les riverains.

Un projet qui avance… sous surveillance

« La Ligne nouvelle du Sud-Ouest est un projet majeur pour la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie », a rappelé Pierre-André Durand, estimant que la délivrance de cette première autorisation et le lancement de l’observatoire réaffirment la volonté de l’État de poursuivre le projet.

Pour les territoires traversés, notamment en Tarn-et-Garonne, cette nouvelle étape rappelle une réalité : la LNSO avance, mais par touches successives, dans un cadre administratif strict, encore loin du chantier proprement dit. Entre promesse d’aménagement, inquiétudes environnementales et attentes locales, le dossier reste ouvert — et sous observation.

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Emilie BOTTIN
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