
Après un premier mandat marqué par la crise sanitaire et de lourds chantiers structurels, le maire sortant de Moissac, Romain Lopez, officialise sa candidature aux municipales. Objectif affiché : « aller plus loin ensemble » en menant à terme les projets engagés pour la ville.
Après plus de cinq années à la tête de Moissac, un mandat en partie bousculé par la crise sanitaire, Romain Lopez a décidé de solliciter à nouveau la confiance des électeurs.
Le maire sortant revendique une ligne claire : mener à terme les projets engagés lors du premier mandat. Rénovation des écoles, requalification des entrées de ville, berges du Tarn, équipements sportifs, attractivité et cadre de vie : autant de chantiers lancés qu’il souhaite désormais achever sous la bannière d’une liste baptisée « Plus loin ensemble ».
Un mandat “tronqué”
Élu en 2020, Romain Lopez rappelle d’emblée le contexte particulier de son premier mandat. « On a eu un mandat de six ans tronqué à cause du Covid. Il a fallu faire ce qui n’avait pas été fait auparavant, notamment sur les réseaux d’eau, d’assainissement et la sauvegarde du patrimoine. », souligne-t-il. Des investissements souvent peu visibles, mais jugés indispensables, notamment face aux restrictions d’urbanisme apparues dès 2021. « Cela peut paraître superflu, mais ça ne l’est pas du tout », insiste-t-il.
« Aller au bout de ce que nous avons engagé »
L’axe central de cette candidature repose sur une idée simple : terminer ce qui a été commencé. « Ce que nous avons débuté, on veut le clôturer, on veut le terminer. Et pour cela, il est indispensable d’avoir un deuxième mandat. »
Parmi les projets déjà lancés ou en cours : la rénovation énergétique des écoles, votée et engagée dès 2025, avec l’objectif de traiter l’ensemble des établissements ; la requalification des entrées de ville, après la rue du Pont, avec les boulevards Lakanal et Chabrié, principaux axes vers la gare et Valence-d’Agen ; la poursuite de la restructuration des berges du Tarn, amorcée avec le site de Montebello ; les études engagées pour l’extension du COSEC et le développement du complexe sportif.
Patrimoine : du cloître aux églises
Le patrimoine occupe une place structurante dans le projet municipal, sans être abordé comme une juxtaposition de dossiers. Romain Lopez défend une logique de continuité et de médiation.
À court et moyen terme, plusieurs chantiers majeurs sont identifiés : la rénovation du tympan de l’abbatiale, suivie de celle du cloître, avec un travail spécifique sur la médiation culturelle pendant la durée des travaux; l’objectif de rouvrir l’église Saint-Jacques dans la première moitié du prochain mandat, après des études structurelles en cours; la sauvegarde et la réhabilitation de l’église Saint-Martin, avec la volonté d’élargir son ouverture au public et d’en faire un second pôle de visite. « Il faut préserver ces édifices, mais aussi moderniser la manière de les faire découvrir, notamment par le numérique et les nouveaux outils de médiation. »
Une nouvelle ambition urbaine : « de l’eau à la pierre »
Interrogé sur les axes apparus en cours de mandat, Romain Lopez cite sans hésiter l’urbanisme et le lien entre le centre-ville et les berges. « On a une ville très minéralisée. Il fait très chaud l’été. Et les touristes circulent très peu en centre-ville », observe-t-il.
Son objectif est clair : réorienter les flux, offrir de nouveaux espaces de détente et relier les berges du Tarn au cœur patrimonial de la ville. Cela passe par la végétalisation de l’esplanade du Moulin, la rénovation du kiosque de l’Uvarium dans l’esprit des années 1930, la poursuite des travaux sur les quais du canal – un programme pluriannuel estimé à 2,5 millions d’euros – et même, à terme, un projet de baignade dans le Tarn, en lien avec l’intercommunalité.
Attractivité, sécurité et services publics
Pour Romain Lopez, l’attractivité d’une ville ne repose pas uniquement sur le commerce. « Ce qui fait le commerce, ce sont les consommateurs. Et pour cela, il faut attirer les classes moyennes et assurer une vraie mixité. »
Parmi les leviers avancés évoqués, le renforcement des services à la petite enfance, avec un projet de maison d’assistantes maternelles ; un volet sécurité renforcé, avec le doublement des caméras de vidéoprotection, la modernisation du centre de supervision urbaine et la création d’une brigade canine au sein de la police municipale ; le développement d’un pôle santé, adossé au rachat de l’ex-EHPAD par la communauté de communes, et la mise en place d’une bourse d’études pour les internes en médecine et les futurs dentistes originaires de Moissac. Autre enjeu majeur pour Moissac, la réduction des risques d’inondations dans la zone d’activité. Des travaux estimés à 1,5 million d’euros sont envisagés, avec un financement porté par l’intercommunalité, afin de limiter les risques liés aux cours d’eau du Bartac et du Combe-Clairon.
“Ne pas abandonner la ville”
Au fil de l’entretien, la décision de se représenter dépasse la seule logique de projets. Romain Lopez évoque aussi ce qui l’a touché personnellement ces derniers mois. « Quand allez-vous vous présenter ? Surtout, ne nous abandonnez pas. Si vous nous abandonnez, on a peur de ce qui adviendra de la ville », rapporte-t-il. Des phrases entendues, dit-il, « dans de nombreuses bouches », chez des femmes et des hommes de tous âges. Un soutien qui flatte, reconnaît-il, mais qui pèse aussi.« Ça donne un poids supplémentaire en termes de responsabilité et d’obligation morale », confie-t-il. « On ne peut pas se permettre de les abandonner au milieu du gué », ajoute le maire, pour expliquer sa décision de repartir.
Loin d’un simple slogan, le nom de sa liste — Pus loin ensemble — prend ici tout son sens : la volonté d’assumer la continuité, de mener à terme les chantiers engagés et de ne pas laisser la ville en suspens. Avec, en toile de fond, un engagement réaffirmé : ne pas augmenter la fiscalité et, grâce à une gestion qu’il estime rigoureuse, dégager jusqu’à 45 millions d’euros d’investissements sur le prochain mandat.
Une liste renouvelée et assumée
La liste conduite par Romain Lopez sera renouvelée à environ 35 %, avec une moyenne d’âge de 58 ans et la présence de deux candidats de moins de 25 ans. Le maire souligne également l’arrivée de Claude Gauthier, président du syndicat de défense du chasselas de Moissac, symbole selon lui de l’ancrage local et agricole de la démarche.
« C’est une liste de diversité », affirme le candidat, qui présentera officiellement son équipe lors d’une réunion publique unique, le 11 mars à 20h30 à l’Espace Confluences.
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