
« Trottinettes électriques, monoroues, hoverboards… il est obligatoire de les assurer. » Le rappel, diffusé récemment par le Ministère de l’Intérieur sur ses réseaux sociaux, n’a rien d’anodin. Derrière ce message pédagogique, une réalité préoccupante : une majorité d’utilisateurs circulent encore sans assurance, parfois sans même le savoir.
Dans les rues du département, cette réalité se manifeste au quotidien. Elle se glisse entre les voitures, file à 25 km/h, parfois sans casque. La trottinette électrique fait désormais partie du quotidien en Tarn-et-Garonne. Mais sur la route, l’oubli de l’assurance reste fréquent — et les conséquences peuvent être lourdes.
La banalisation de ces usages occulte une réalité souvent sous-estimée. En 2024, 59 % des conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EPDM) impliqués dans des accidents n’étaient pas assurés, selon les chiffres nationaux. Un constat qui trouve un écho en Tarn-et-Garonne.
Des accidents rares, mais bien réels
Sur le département, les trottinettes électriques et autres EDPM ont été impliqués en cinq accidents corporels en 2025, selon les données communiquées par la Préfecture de Tarn-et-Garonne. Aucun décès n’est à déplorer, mais cinq personnes ont été blessées, dont deux hospitalisées plus de 24 heures. Ces chiffres, modestes en apparence, traduisent toutefois une montée progressive du risque, liée à l’essor rapide de ces nouveaux modes de déplacement.
Un accident récent qui illustre les dangers
Lundi 19 janvier 2026, en soirée, un accident survenu à Montauban est venu rappeler la vulnérabilité des usagers. Un jeune homme de 18 ans circulant en trottinette a été blessé après une collision avec un véhicule.
Selon le compte rendu de la Police nationale, la trottinette a brusquement changé de direction à une intersection, sans signalement préalable. Le conducteur n’était équipé ni de casque, ni de gants, ni de dispositif réfléchissant, et son engin ne comportait aucun élément permettant d’indiquer un changement de trajectoire. Projeté sur le pare-brise du véhicule, il a été pris en charge par les secours et transporté à l’hôpital. La trottinette a été entièrement détruite.
Assurance obligatoire : une règle encore trop ignorée
Au-delà des comportements à risque, le défaut d’assurance figure parmi les infractions les plus fréquemment constatées en Tarn-et-Garonne pour ce type d’engins. Un point confirmé par les services de l’État, qui rappellent que les EDPM sont juridiquement considérés comme des véhicules terrestres à moteur.
Rouler sans assurance expose à des sanctions lourdes :
- jusqu’à 3 750 euros d’amende en cas de poursuites,
- immobilisation ou confiscation de l’engin,
- et surtout, prise en charge personnelle des dommages causés à autrui en cas d’accident.
Un enjeu identifié de sécurité routière
Face à cette évolution rapide des usages, les mobilités douces ont été intégrées parmi les quatre priorités de la politique de lutte contre l’insécurité routière, aux côtés des conduites à risque, des deux-roues motorisés et du risque routier professionnel. Une orientation inscrite dans le Document général d’orientation 2023-2027, aussi bien à l’échelle nationale que départementale.
Informer plutôt que sanctionner
Du côté des autorités, l’objectif reste avant tout préventif. Face à l’essor rapide de ces nouveaux modes de déplacement, l’enjeu est d’accompagner les usages, d’informer les familles et de rappeler que la trottinette électrique n’est pas un jouet. Objectif : mieux encadrer ces pratiques, sans les stigmatiser, mais en rappelant une règle simple : liberté de circuler ne signifie pas absence de règles.
Pour ne rien manquer de nos prochaines publications, n’hésitez pas à vous abonner à notre page Facebook.




























