
Deux essais en dix minutes, puis un renversement complet avant la pause. Ce derby de Fédérale 3 entre Moissac et Nègrepelisse a basculé plusieurs fois avant de trouver son issue. Après une première mi-temps disputée, conclue à l’avantage des visiteurs, l’Avenir Moissagais a su hausser le rythme après la pause pour s’imposer 48-31 face au SC Nègrepelisse, au terme d’un derby engagé et sans faux-semblant.
Avant le coup d’envoi, le stade Jo Carabignac a aussi vécu un temps fort sur son terrain. Partenaire de la rencontre, Groupama a donné le coup d’envoi symbolique de ce derby et remis quinze ballons aux couleurs de l’Avenir Moissagais, offerts au club. Un geste apprécié, dans un stade déjà bien garni pour ce rendez-vous de Fédérale 3.
Moissac démarre fort, Nègrepelisse encaisse… puis réagit
Moissac frappe d’entrée. Les premières séquences sont locales, rapides, tranchantes. Les ballons sortent vite, les soutiens sont présents, et deux essais tombent dans les dix premières minutes. Le stade pousse, le rythme est imposé. Mais très vite, le scénario se fissure. Nègrepelisse encaisse, s’organise, puis inverse la dynamique en s’installant dans le camp moissagais.
Benjamin Gilbert, entraîneur moissagais, ne cherche pas d’excuses : « On n’applique pas les consignes, on se met en danger. Et derrière, on tombe dans la fébrilité. » Sur le terrain, ça se voit. Nègrepelisse avance, occupe, marque. Juste avant la pause, une pénalité fait basculer le tableau d’affichage. À la mi-temps, Nègrepelisse mène 18-15.
À la pause, deux discours, un même objectif
Dans les vestiaires, le ton change. Côté moissagais, on recadre. « On est revenus sur les consignes du début du match. On avait commencé à déjouer », explique Cédric Pannebiau. Il faut remettre de l’ordre, de la discipline, et surtout remettre la main sur le ballon. Revenir aux bases, remettre de l’ordre, mais aussi se parler. Benjamin Gilbert raconte : « Myron, qui est un des leaders de jeu, a mis un bon coup de gueulante. Il a dit que dans les dix minutes qui arrivaient, il fallait vraiment se réveiller. »
Chez les visiteurs, le message est clair et assumé. « On a demandé d’y croire et de continuer à faire notre jeu », confie l’entraineur Morgan Porte. Malgré un effectif touché par plusieurs absences de dernière minute, Nègrepelisse est dans son match. Et il le sait.










Après la pause, Moissac impose le rythme et le banc pèse
Dès les premières minutes de la seconde période, Moissac met plus de rythme. Les avants enchaînent les charges, les soutiens arrivent plus vite, les sorties de camp sont mieux maîtrisées. Le banc apporte de l’énergie, de la voix, de l’impact.
« Une partie du banc a vraiment amené un plus, c’est ce qu’on leur avait demandé », souligne Benjamin Gilbert. Sur la pelouse, Nègrepelisse s’accroche. À l’heure de jeu, les visiteurs reviennent encore à moins huit points. Le match est là, à portée. Une action, une décision, et tout peut basculer.
Mais ce sont les détails qui tranchent. Une occasion n’est pas concrétisée, une défense cède derrière. « On loupe des actions importantes à un moment où on est encore au contact, et derrière, on prend des contres », regrette Morgan Porte, lucide.
La fraîcheur fait la différence
Sans polémique, sans détour, Moissac assume sa lecture du match. « On a voulu mettre du rythme, et physiquement ça s’est ressenti sur la fin », analyse Cédric Pannebiau. Les Moissagais terminent plus fort, enchaînent les essais et creusent l’écart. Le score enfle, 48-31, et offre aux locaux un succès bonifié. « On retient les cinq points, c’était l’objectif », insiste Pannebiau. « Le contenu, on prendra le temps de l’analyser. »
Dans le camp nègrepelissien, la frustration est réelle, mais elle n’efface pas l’engagement. « Le score est lourd, on aurait mérité un bonus défensif », estime Morgan Porte, avant de saluer son groupe : « On avait cinq absents de dernière minute, on a fait jouer des joueurs de la B. Je suis très fier d’eux. »
Match de reprise après une rencontre annulée, contexte compliqué, effectif bricolé… Nègrepelisse a tenu, rivalisé, et montré qu’il faudra compter sur lui dans la lutte pour le maintien.
Le SC Nègrepelissien retrouvera le championnat ce dimanche 25 janvier avec la réception du GSF Figeac, dans le cadre du match de la 11ᵉ journée, initialement reporté. La rencontre se jouera au stade Jean Fleury, avec un coup d’envoi prévu à 14h00 pour l’équipe réserve puis 15h30 pour l’équipe première.
Un derby fidèle au rugby amateur
Ce derby n’a rien raconté d’autre que la réalité du rugby amateur : de l’engagement, des erreurs, des temps forts, des temps faibles et une victoire qui se construit autant avec la tête qu’avec les jambes.
Moissac a su accélérer au bon moment. Nègrepelisse a montré du caractère et un jeu ambitieux. Un derby sans faux-semblant, qui a tenu le public en haleine jusqu’au bout, et qui rappelle pourquoi, ici, le rugby compte encore autant.
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