Grisolles. La vie scolaire du collège Jean-Lacaze en grève

Collège Jean-Lacaze à Grisolles, où les personnels de vie scolaire sont en grève
Ce jeudi 15 janvier, les personnels de vie scolaire se sont mobilisés pour alerter sur une situation jugée critique en matière d’effectifs et de sécurité des élèves. Collège Jean-Lacaze de Grisolles — © Wikimedia Commons — Licence CC BY-SA 4.0 (Photo recadrée)
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Jeudi matin, devant le portail du collège Jean Lacaze, à Grisolles, l’ambiance n’est pas celle d’une journée ordinaire. Pas de cris d’élèves dans la cour, pas de surveillants à chaque angle. Ce jeudi 15 janvier, l’équipe de la vie scolaire – conseillers principaux d’éducation (CPE) et assistants d’éducation (AED) – a décidé de poser les stylos, de croiser les bras et de dire stop.

En grève depuis le matin, ces personnels veulent alerter sur une situation qu’ils jugent désormais intenable. « La dégradation de nos conditions de travail a des répercussions directes sur la sécurité, la surveillance et l’encadrement des élèves », écrivent-ils dans un communiqué transmis par le SNES-FSU 82.

Un manque de personnel qui dure

Au cœur de la colère, un problème qui n’est pas nouveau, mais qui a fini par atteindre un point de rupture : le manque de personnel. Des absences, parfois longues, non remplacées. Une demande de renfort transmise dès le 9 janvier, restée sans réponse malgré « des alertes répétées ».

Dans les chiffres, la situation parle d’elle-même : cette semaine, 4 AED sur 8 sont absents. « Les effectifs ont atteint un seuil critique, ne permettant plus d’assurer un fonctionnement sécurisé du service », résume le communiqué. À cela s’ajoute une autre source de crispation : 32h25 d’heures supplémentaires, effectuées dès le mois de novembre, et toujours pas rémunérées. Un détail administratif en apparence, mais qui pèse lourd quand les équipes sont déjà à bout de souffle.

« Un seul adulte pour surveiller la cour »

Sur le terrain, les conséquences sont très concrètes. Et inquiétantes. Les personnels évoquent des situations déjà observées dans l’établissement : « la présence d’un seul adulte en responsabilité de surveillance dans la cour de récréation », avec, à la clé, des incidents et des dégradations « qui n’ont pu être pleinement constatés ou encadrés faute de présence suffisante d’adultes ».

Autre exemple : des temps d’étude avec plus de 90 élèves pour un seul adulte, voire certains créneaux où aucun AED n’est disponible pour encadrer les études. « Il devient impossible d’assurer un encadrement éducatif et sécurisé », alertent-ils.

Les CPE eux-mêmes se retrouvent à pallier les manques, au détriment de leurs missions premières. « Ils sont contraints de se substituer régulièrement aux AED afin de garantir a minima la surveillance des élèves », souligne le texte, en contradiction avec les missions définies par les circulaires officielles.

Une mécanique administrative jugée « inadaptée »

Les personnels pointent également du doigt un système de remplacement qu’ils jugent déconnecté de la réalité du terrain. Le calcul actuel repose sur une base de 35 heures, alors que le temps de service effectif des AED est de 40h50. Et le remplacement n’est déclenché qu’à partir du 16ᵉ jour d’absence, avec une limitation à une mi-quotité.

Résultat : « un contrat de 32h40 est actuellement remplacé à hauteur de 12h ». Autant dire une rustine sur une fuite béante.

« Une réalité de terrain devenue intenable »

Les équipes tiennent à le préciser : la grève n’est pas un geste de confort. « Conscients de l’impact de ce mouvement sur le fonctionnement du collège et sur les familles, nous estimons néanmoins que la situation actuelle ne peut perdurer sans mise en danger des élèves comme des personnels », écrivent-ils.

Cette mobilisation vise avant tout à obtenir des réponses concrètes et rapides, et à alerter sur une réalité quotidienne que les personnels tentent de compenser depuis des semaines, avec le soutien de l’équipe enseignante et de la direction. Mais aujourd’hui, même l’engagement ne suffit plus.

À Grisolles, ce jeudi, ce ne sont pas seulement des agents qui sont en grève. C’est un signal d’alarme lancé à l’institution. Et derrière les revendications, une question simple, presque brutale : comment garantir la sécurité et l’encadrement des élèves quand ceux qui en ont la charge ne sont plus assez nombreux pour faire leur travail ?

Crédit photo : Wikimedia Commons — Licence Creative Commons CC BY-SA 4.0
https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/ (Photo recadrée par Journaldujour.fr)

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