
« Feu vert pour le chasselas ! » annonce Claude Gauthier, président du Syndicat de défense du Chasselas de Moissac AOP. Avec dix jours d’avance sur le calendrier et une récolte estimée entre 2 500 et 2 800 tonnes, le millésime 2025 s’annonce prometteur.
À l’aube de cette rentrée, une effervescence palpable anime les coteaux de Moissac. Stéphane Lucas, le technicien du syndicat donne le ton : « Nous sommes très contents de ce qui s’annonce et vous le serez aussi. » Cette déclaration, pleine d’optimisme, marque l’ouverture d’une campagne qui s’annonce non seulement prometteuse, mais aussi résolument tournée vers l’adaptation.
Chasselas AOP, une précocité qui porte ses fruits
Pour la filière, l’année 2025 s’ouvre sous le signe de l’anticipation. Avec dix jours d’avance sur le calendrier, la maturation du chasselas s’est révélée homogène, et les contrôles attestent d’un taux de sucre adéquat dans la majorité des parcelles. « Nous abordons la saison avec le sourire », confie Stéphane Lucas. « Les feux sont au vert, les planètes sont alignées et les producteurs sont contents. Le chasselas est de belle qualité et présente de beaux équilibres. »
Ce contexte favorable porte la récolte aux alentours de 2 500 à 2 800 tonnes : un volume en hausse, reflétant la capacité d’adaptation des producteurs. Cependant, la prudence demeure face aux aléas : quelques grains grillés par la chaleur, et une météo orageuse qui reste à surveiller. « Qu’elle ne s’installe pas quinze jours, et nous tiendrons le cap », rassure-t-il.


Réguler pour mieux valoriser : quand qualité rime avec stratégie
Mais la réussite ne se limite pas à la production. Cette saison, la régulation de l’offre devient une priorité. Comme l’explique Julien Custody, producteur à Cazes-Mondenard et vice-président du syndicat : « Nous n’avons plus la trésorerie pour prendre des risques ; nous régulons l’offre par le frigo selon la météo et l’état du marché. » Cette stratégie permet d’étaler la commercialisation du chasselas jusqu’en octobre, préservant ainsi sa valeur sur des étals encore instables. À cela s’ajoute une présentation réfléchie : la dérogation préfectorale autorise le maintien de l’emballage plastique, gage de visibilité pour ce fruit fragile qui « doit se montrer » aux consommateurs, comme le rappelle le négociant Joël Boyer.
Un marché exigeant, une clientèle à fidéliser
Dans un contexte où les marchés du melon, de la prune ou du raisin connaissent des dynamiques contrastées, le chasselas s’impose comme un produit de niche, destiné à une clientèle ultra-qualitative. Les premiers lots reflètent ce positionnement haut de gamme, tandis que la grande distribution se prépare, elle aussi, à valoriser ce produit emblématique. La filière, consciente de la volatilité du marché, redouble d’efforts pour fidéliser des consommateurs toujours plus exigeants.
Communication : raconter pour mieux transmettre
L’excellence se partage et se raconte. Avec une enveloppe dédiée à la communication, les professionnels s’engagent à mettre en lumière les gestes de la cueillette manuelle, la proximité des circuits et le savoir-faire transmis de génération en génération. Par des vidéos, des recettes traditionnelles et une carte interactive des ambassadeurs, la filière choisit d’impliquer habitants et visiteurs, prolongeant la saison du raisin par des dérivés locaux comme le jus, la confiture ou le vinaigre.

Fête du Chasselas : patrimoine vivant et convivialité partagée
Le week-end de la Fête du Chasselas, les 13 et 14 septembre, incarne cette dynamique collective. Pour Romain Lopez, maire de Moissac, « le chasselas a trois rôles : économique, touristique et identitaire. » Marché gourmand, tarte géante, concerts et distribution de pieds de vigne rythmeront ce rendez-vous, qui vise aussi à sensibiliser la jeunesse à la richesse du terroir, en conjuguant tradition, découverte et pédagogie.


Un savoir-faire pérenne, une filière soudée face aux défis
Avec 165 producteurs sur 346 hectares, le Chasselas de Moissac reste un symbole d’exigence et de vitalité. La cueillette à la main et la maturité optimale sont garantes d’un fruit rare, alliant éphémère et excellence. Après plusieurs années marquées par les aléas, cette campagne 2025 semble ouvrir une parenthèse favorable, à condition que le ciel y mette du sien. « Cette année est charnière », confient les producteurs, espérant que ce millésime confirme la belle résilience et l’inventivité de toute une filière.
Pour ne rien manquer de nos prochaines publications, n’hésitez pas à vous abonner à notre page Facebook.